Un cartel de l'alimentation?

L'arrivée de Costco (photo) et de Walmart sur... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'arrivée de Costco (photo) et de Walmart sur le marché, avec leurs prix compétitifs, a influencé le secteur de l'alimentation.

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(Québec) Un chou-fleur à 8$, une boîte de céréales à presque 10$... La facture du panier d'épicerie des Québécois est toujours plus salée. Et 2016 ne fera pas exception! Mais qui contrôle les prix? Existe-t-il un cartel de l'alimentation au Canada?

Un professeur du Food Institute de l'Université de Guelph s'est penché sur ces questions alors que de plus en plus de consommateurs tracent un parallèle entre le pouvoir des compagnies pétrolières et les prix élevés des aliments. Et il est difficile de les contredire lorsqu'on pense à l'un des derniers scandales dans le secteur de l'alimentation qui a fait couler beaucoup d'encre au cours des dernières années, soit celui du cartel du chocolat.

Rappelons qu'en 2013, la compagnie Hershey Canada avait plaidé coupable devant la Cour supérieure de justice de l'Ontario pour sa participation à la fixation des prix des confiseries en chocolat. L'entreprise avait écopé d'une amende de 4 millions $.

Des accusations avaient aussi été déposées contre trois autres compagnies et trois individus qui auraient participé au cartel. Les trois entreprises visées étaient Nestlé Canada, Mars Canada et ITWAL Limited, un distributeur. La justice canadienne a depuis abandonné les accusations.

Pour l'heure, dans l'alimentation, trois joueurs se partagent en grande partie le marché, soit Loblaw-Provigo, Sobeys-IGA et Metro. Et existe-t-il un cartel de l'alimentation?

«Bien qu'il est toujours difficile de démontrer une telle astuce, les résultats financiers des grands de l'alimentation démontrent hors de tout doute que les consommateurs peuvent continuer à visiter nos épiciers en toute quiétude», stipule le professeur Sylvain Charlebois, de l'Université de Guelph. «Les bilans financiers démontrent qu'ils n'ont pas profité du taux d'inflation alimentaire supérieur à la moyenne depuis les deux dernières années.»

L'arrivée dernièrement de Walmart et Costco, notamment - qui possèdent chacun de 7% à 8% du marché -, a influencé le secteur de l'alimentation. «Chez eux, le prix est roi. En revanche, pendant cette même période, les trois grands de l'alimentation misent sur des stratégies tout aussi différentes que complémentaires», affirme M. Charlebois.

«De son côté, Loblaw protège sa marque chérie, Choix du Président. De l'achat de Shoppers jusqu'à la création de nouveaux produits, l'objectif est d'améliorer constamment l'image de marque des produits développés par Loblaw. Pour Sobeys, c'est l'efficacité en distribution, point. L'achat de Safeway permet au deuxième distributeur en importance au pays de se tailler une place de choix sur l'ensemble du territoire. Pour Metro, un joueur régional, l'expérience magasin et la variété des articles offerts demeurent des objectifs bien définis. Les trois consolident leur position en investissant massivement dans leurs magasins et sur l'amélioration de leur logistique», ajoute-t-il.

Si on regarde les chiffres pour Metro. Entre 2013 et 2015, le chiffre d'affaires de la compagnie a augmenté de 7%, tandis que ses profits ont chuté de 26%. «Sa marge bénéficiaire est d'à peine 4%, pratiquement le double de Loblaw et Sobeys. En comparant ses résultats avec les pétrolières, ou même avec le secteur pharmaceutique, ces derniers ne sont guère impressionnants», souligne le professeur.

Éviter la catastrophe

Selon M. Charlebois, la bonne gestion des entreprises a permis aux consommateurs d'éviter un scénario plus catastrophique. «Pendant que les consommateurs voient leur facture d'épicerie augmenter en moyenne de 7% à 8%, les distributeurs investissent et concentrent leurs efforts à l'amélioration de leur gestion des coûts. La détermination dérisoire d'offrir les meilleurs prix possible a tranquillement cédé sa place à une offre relevée, hétérogène, à l'écoute des besoins contemporains des consommateurs plus informés», estime-t-il, ajoutant que le secteur est mieux géré qu'il y a cinq ans.

«Plusieurs variables systémiques telles que les fluctuations monétaires, les coûts énergétiques et les changements climatiques ne peuvent être contrôlées par la gestion des entreprises agroalimentaires. Le cumul d'années durant lesquelles le taux d'inflation alimentaire outrepassait le taux d'inflation général semble nous rattraper. Les salaires ne suivent tout simplement pas forçant ainsi plusieurs personnes à faire des compromis budgétaires», conclut-il.

Selon une étude du Food Institute de l'Université de Guelph, l'année 2016 devrait être marquée par une hausse des denrées alimentaires à travers le pays de 2% à 4%. Malgré les hausses des prix, les ménages canadiens dépensent seulement 9,3% de leur budget en alimentation.

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