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Bien-être animal: les éleveurs de porcs prêts à investir 500 millions $

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Le bien-être des animaux fait partie des nouvelles pratiques auxquelles les éleveurs doivent s'adapter.

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(Québec) Après huit années de crise suivies de deux bonnes années dans l'industrie du porc aux Québec, les éleveurs recommenceront à investir 1 milliard $ dans leurs exploitations pour les moderniser et répondre aux attentes des consommateurs, notamment au sujet du bien-être animal.

Si les éleveurs sont prêts à mettre 500 millions $ de leur poche, ils souhaitent que le gouvernement en fasse autant non pas en subventions, mais en crédits d'impôt, en prêts, voire en allègements fiscaux pour relancer l'industrie dans la perspective de la mondialisation des marchés.

«Près de 70 % du porc du Québec est exporté», rappelle David Boissonneault, président des Éleveurs de porcs du Québec. «Les accords commerciaux sont nécessaires pour que l'industrie puisse prendre de l'expansion et s'ouvrir à de nouveaux marchés. Toute la filière porcine travaille de concert pour faire face à la concurrence internationale.»

Nouvelles pratiques

En entrevue pendant le congrès de la filière porcine du Québec, le Porc Show, qui réunissait plus de 1000 personnes au Centre des congrès de Québec, M. Boissonneault admet que le bien-être des animaux fait partie des nouvelles pratiques auxquelles les éleveurs doivent s'adapter.

D'ailleurs, le code des bonnes pratiques adopté récemment prévoit la disparition des cages de gestation d'ici 2024 au plus tard, puisque les cibles principales sont le bien-être et la santé animale. Quant à l'élevage en troupeau, s'il s'agit d'une approche qui commence chez quelques éleveurs, il se pourrait que cela devienne la façon de faire au fil des ans même si cette pratique entraîne une augmentation des coûts de production et du prix de vente de la viande de porc au détail.

Plusieurs restaurants, dont de grandes chaînes, misent sur l'utilisation de viande sans antibiotiques et le bien-être animal dans la mise en marché de leur repas.

De plus, le prix de la viande porcine étant moins élevé que celui des bovins, les consommateurs ont fait la substitution des deux protéines animales dans leur panier d'épicerie, le boeuf devenant presque un produit de luxe depuis deux ans, même le steak haché considéré comme un produit de base.

Être à l'écoute des consommateurs

En général, l'industrie du porc se porte bien, avoue M. Boissonneault. «Nous avons réussi à éradiquer les problèmes de diarrhée porcine. Il n'y a plus aucun cas au Québec. Tous les maillons de la filière travaillent de concert pour être compétitifs et efficaces dans la mise en marché et l'exploration de nouveaux marchés» tout en étant à l'écoute des préoccupations des consommateurs.

Lors de sa conférence en matinée, le journaliste américain spécialisé en agriculture Andy Vance a rappelé aux producteurs qu'ils devaient être moins sur la défensive, mais à l'écoute des consommateurs pour leur donner des explications claires sur l'industrie, notamment lorsqu'ils posent des questions sur l'utilisation des antibiotiques. C'est une question de confiance et de transparence, a-t-il répété à maintes reprises.

Une plus grande place dans les restaurants

Alexandre Paradis, directeur de la production du groupe... (Le Soleil, Yves Therrien) - image 3.0

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Alexandre Paradis, directeur de la production du groupe Resto Plaisirs.

Le Soleil, Yves Therrien

Avec le boeuf dont les prix ont grimpé de 30 % dans les deux dernières années, certains plats à base de viande bovine ont disparu des menus des restaurants. Et dans bien des cas, ce sont des produits du porc qui les remplacent.

C'est le cas de la bavette de boeuf dans les restaurants du groupe Restos Plaisirs. «On ne pouvait pas offrir ce plat à un prix convenable pour les clients», expliquait Alexandre Paradis, directeur de la production du groupe Resto Plaisirs lors du congrès de la filière porcine, le Porc Show, mardi au Centre des congrès de Québec.

Les consommateurs pourront goûter dans quelque temps une bavette de porc, assure M. Paradis, car les chefs sont en train de faire des essais pour présenter cette nouveauté dans les restaurants Cochon Dingue, entre autres.

Si les coupes de porcs sont bien connues, il estime que les restaurateurs et les producteurs doivent s'asseoir ensemble pour développer des produits dits «signatures» qui plairont aux consommateurs. Pour lui, les Québécois ont toute une histoire d'amour avec le porc du Québec et l'occasion est belle pour développer de nouvelles approches en mettant en commun les forces des deux industries.

Aliments en ligne

Quant à la montée du commerce électronique, le conférencier Alexandre Tellier, de la firme de consultation imarklab, affirmait qu'il n'est plus le temps de se demander si l'alimentation fera sont entrée en ligne, mais il faut s'y préparer, car cette frontière est déjà traversée dans plusieurs pays en Europe et même aux États-Unis, où il se vend des produits frais achetés en ligne et livrés la même journée. «L'industrie ne doit pas se demander si cela va se produire, mais quand, pour être prête à faire le saut.»

Pour lui, la technologie fonctionne lorsqu'il y a un plus pour l'acheteur. Mais il y aura encore des détaillants dans de vrais commerces, soulignait-il. «Le consommateur s'y rendra pour l'expérience.» Walmart le fait déjà aux États-Unis avec un commerce de 1000 pieds carrés pour son épicerie en ligne.

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