«Ce n'est plus le temps des sommets», selon l'UPA

Le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, a mis... (La Presse, Pascal Ratthé)

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Le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, a mis les freins sur la participation des consommateurs lorsque le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, a apporté une distinction entre le citoyen qui veut des produits biologiques et le consommateur toujours à la recherche des prix les plus bas.

La Presse, Pascal Ratthé

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(Québec) Pendant que le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, annonçait la tenue d'un sommet sur l'agroalimentaire dans le but de préparer une politique à cet effet, le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, exprimait des doutes devant les quelque 300 délégués de l'UPA réunis mercredi au Centre des congrès de Québec.

«Ce n'est plus le temps des sommets», mais celui de la mise en place d'une politique et d'une stratégie agroalimentaire, clamait M. Groleau, appuyé par Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec.

Pour le ministre Paradis, le sommet qui devrait se tenir au printemps 2016 serait l'occasion d'avoir le point de vue de tous, notamment les consommateurs pour savoir ce qu'ils veulent vraiment. Le grand sommet qui réunirait tout le monde serait précédé de plus petites assemblées, des étapes réunissant les consommateurs, puis les détaillants, les transformateurs et enfin les producteurs.

Toutefois, le ministre a mis un peu les freins sur la participation des consommateurs lorsque Marcel Groleau a apporté une distinction entre le citoyen qui veut des produits biologiques, sans hormones, sans pesticides ni antibiotiques, incluant le respect du bien-être des animaux et le consommateur toujours à la recherche des prix les plus bas.

En point de presse, le ministre Paradis souhaitait tout de même voir des consommateurs au sommet «parce qu'ils votent avec leur porte-monnaie lorsqu'ils vont à l'épicerie». Mais si l'industrie de la transformation montre qu'elle sait bien ce que le consommateur veut et connaît les tendances à venir pour s'y adapter rapidement, le grand sommet pourrait se tenir plus tôt.

Avec les exigences nouvelles des jeunes générations pour les produits bio, sans gluten et autres, le ministre souhaite que l'industrie agroalimentaire prenne le virage avant que les tablettes soient occupées par des produits importés, d'où son projet de sommet pour mettre les pendules à l'heure et concrétiser le tout dans une politique.

Absence stratégique

Interrogé sur l'absence de l'agroalimentaire dans les stratégies économiques du Québec, M. Paradis a avoué qu'il savait pertinemment que ce secteur de l'économie générait plus d'emplois et de retombées que l'aéronautique, les transports, mais tous ne sont pas convaincus, car «l'agriculture a beau être un métier noble, c'est moins sexy que l'industrie du jeu vidéo».

Dans le manifeste pour une stratégie de l'agroalimentaire, que tous les délégués ont signé avant qu'il soit remis au ministre, on illustre l'importance majeure de ce secteur de l'économie avec les données publiées par l'Institut de la statistique du Québec : «En 2014, l'agriculture et la transformation alimentaire ont généré des ventes s'élevant respectivement à 8 milliards $ et 24 milliards $. Les deux secteurs, premiers employeurs des secteurs primaire et manufacturier, représentent 200 000 emplois directs et indirects au Québec (1 emploi sur 20; 1 emploi sur 8 si on ajoute la distribution et la restauration), 11 milliards $ de PIB (5,9 % du PIB du Québec) et 4,5 milliards $ en revenus pour les différents ordres de gouvernement.»

Frontières poreuses, investisseurs frileux

Si l'accord sur le Partenariat transpacifique a pu protéger autant que faire se peut le système de gestion de l'offre au Québec, le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, et l'UPA se préparent à mener un nouveau combat pour rendre les frontières canadiennes plus étanches aux différents produits pour qu'ils respectent toutes les normes et les exigences québécoises.

Pour y arriver, il faudra convaincre quatre ministères fédéraux de prendre des mesures concrètes pour s'accorder sur les règles à suivre pour protéger non seulement l'économie du Québec, mais surtout la santé des consommateurs.

Ces frontières poreuses seraient le dernier des éléments inquiétants à résoudre pour permettre aux agriculteurs d'investir de nouveau dans leurs entreprises, eux qui avaient mis le développement de leurs affaires sur la glace pendant les négociations de l'accord de libre-échange avec l'Europe et celui du Partenariat transpacifique, estime le ministre Paradis. 

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