Louer une terre agricole pour l'acheter ensuite

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Paul Lecomte, directeur général du Fonds d'investissement pour la relève agricole

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(Québec) Le Fonds d'investissement pour la relève agricole (FIRA) arrive mercredi avec une nouveauté : la location d'une terre incluant une option d'achat et une protection contre l'inflation pour les jeunes qui ont des projets dans le monde agricole. «C'est un produit unique sur le marché agricole», estime Paul Lecomte, directeur général du FIRA.

Peu connu malgré ses cinq ans d'existence, le FIRA a malencontreusement été associé aux fonds étrangers accapareurs de terre agricole dès sa création, de sorte qu'il doit combatte des préjugés pour reprendre sa place comme organisme de financement facilitant l'accès à la propriété de terre pour la relève.

«Notre projet de location-achat vise à donner aux jeunes agriculteurs de la relève les moyens d'acheter une terre en la louant quelques années, le temps de rendre leur entreprise rentable, affirme M. Lecomte. Nous a­vions déjà un programme semblable, mais nous avons décidé de le bonifier à cause des augmentations rapides de la valeur des terres sur le marché pour permettre l'achat d'une terre en mettant l'acheteur à l'abri d'une partie des hausses de valeurs à cause de la spéculation.»

Protection contre l'inflation

L'amélioration d'un programme fera en sorte que le FIRA acquiert la terre désignée par l'agriculteur de la relève. Il pourra la louer pendant une période maximale de 15 ans et l'option d'achat inclura une garantie de l'option d'achat à un taux d'inflation maximal de 3,5 % par année. Entre 1991 et 2014, l'augmentation de la valeur des terres a été de 8 % en moyenne.

Dans le programme antérieur, le taux d'intérêt sur la location était moins élevé de 1 %, mais ne comportait pas la protection comme les fortes hausses de l'inflation. La terre était vendue au prix du marché. Cela pourrait représenter un écart du 190 000 $ après 10 ans pour une terre valant au départ 250 000 $.

«À la base, le but du projet est de permettre au futur acheteur d'investir dans son projet d'entreprise en étant en mesure de bien planifier son processus d'achat lorsqu'il en aura les moyens et sans mettre en péril son entreprise», soutient M. Lecomte.

Le FIRA compte quelque 75 millions $ dans son fonds. Il a été créé à la demande de la relève agricole grâce à un partenariat avec le gouvernement québécois, le Fonds de solidarité de la FTQ et Capital régional et coopératif Desjardins. «Notre but, souligne M. Lecomte, ce n'est pas de faire profiter le fonds, mais de faire profiter les jeunes agriculteurs de l'argent disponible pour réaliser leur rêve d'entreprise agricole. Jusqu'à maintenant, nous avons permis la création et le maintien de plus de 150 emplois dans le milieu de l'agriculture.»

Le premier service offert par le FIRA s'effectue par l'entremise d'un prêt subordonné qui permet de doubler la valeur de la mise de fonds initiale. «Nous doublerons tout ce que l'agriculteur pourra obtenir pour sa mise de fonds, que ce soit une contribution de la famille, son argent personnel, une subvention. Le montant peut varier de 50 000 $ à 250 000 $», illustre-t-il.

Des idées novatrices

En général, explique M. Lecomte, les clients qui passent par le FIRA sont des entrepreneurs qui n'ont pas pu se qualifier avec les institutions financières parce que leurs mises initiales étaient trop faibles, même si leur projet d'entreprise était valable. «Ce n'est pas évident de se faire une place dans le secteur agricole lorsqu'il faut mettre 75 000 $ sur la table avant de commencer son exploitation», ajoute M. Lecomte.

L'aide du FIRA arrive souvent comme troisième choix pour les jeunes entrepreneurs qui ont près de 30 ans, en moyenne. Parmi les exigences du FIRA pour l'étude d'un dossier, on demande un plan d'affaires, un encadrement par des gens qui aideront l'agriculteur à réfléchir sur son projet en cours de réalisation, un minimum de formation en agriculture et un peu d'expérience dans le monde agricole.

L'objectif du FIRA dans les projets qu'il finance, c'est la réussite, pas des profits avec de nombreuses garanties. «Nous encourageons ceux qui ont des projets innovants, comme celui du producteur de miel Raphaël Vacher, ou celui de Guillaume Pelland qui fait des aménagements paysagers en se basant sur de l'horticulture que l'on peut manger. C'est assez loin de l'agriculture traditionnelle.» Ces jeunes font partie d'un tableau d'honneur de l'organisation.

Le FIRA a encouragé des projets partout dans la province, autant en Abitibi, dans la Montérégie qu'en Gaspésie ou en Chaudière-Appalaches, insiste M. Lecomte.

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