Le financement, frein majeur pour la relève en agriculture

Sylvie Dionne, nouvelle présidente de la Société d'agriculture... (Le Soleil Yves Therrien)

Agrandir

Sylvie Dionne, nouvelle présidente de la Société d'agriculture du comté de Montmagny, est aussi éleveuse de chèvre de boucherie

Le Soleil Yves Therrien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Si les jeunes ont le goût de reprendre le travail de la terre et l'élevage d'animaux, les banquiers sont plus frileux lorsqu'il s'agit de prêter 500 000 $ ou 600 000 $ à un finissant en agriculture désireux de prendre la suite d'un agriculteur qui n'a pas trouvé de relève dans sa famille au moment de la retraite.

Selon Sylvie Dionne, présidente de la Société d'agriculture du comté de Montmagny (SACM) qui organise l'Exposition provinciale de Montmagny, les jeunes s'intéressent de plus en plus à l'agriculture, mais à une agriculture plus spécialisée et de proximité. Ils semblent peu intéressés aux grosses exploitations agricoles parce qu'ils n'ont pas l'argent ni le soutien financier adéquat, mais aussi parce qu'ils ne souhaitent pas s'embarquer dans de grosses organisations où la gestion prend énormément de place.

«La tendance va vers l'agriculture biologique, les petites exploitations et les petits élevages. Ils veulent des produits biologiques, car ils en mangent. Les petites exploitations font partie de l'agriculture de proximité et les jeunes veulent être proches des consommateurs», soutient Sylvie Dionne qui est éleveuse de chèvre de boucherie. «Les nouveaux dans la relève agricole veulent aussi prendre le temps de vivre en même temps qu'ils consacrent du temps à leur passion.»

C'est comme si la conciliation travail-famille se taillait une place dans le monde agricole. Car les petits producteurs peuvent aussi faire de la transformation à la ferme, vendre sur place, dans les marchés agricoles ou dans les commerces régionaux au lieu de négocier avec une série de distributeurs.

Pour Isabelle Bernier, qui a eu un petit élevage de chèvres avec son conjoint, mais qu'ils ont dû abandonner, le gros problème demeure une question de financement. «Les prêteurs n'osent pas faire confiance à des jeunes qui sortent de l'école, même s'ils sont bien formés», avoue-t-elle. «Sans garantie, pas d'argent. Lorsqu'un exploitant agricole veut céder à un étranger parce qu'il n'y a pas de relève dans sa famille, le problème reste entier. Il faudrait un système qui crée un pont entre celui qui veut céder et le nouvel acquéreur sans expérience.»

À son avis, une forme de mentorat doublé d'une créance où l'agriculteur qui cède son exploitation aurait des versements garantis pendant quelques années avant le versement du solde de l'achat rendrait les transferts plus faciles. Mais, ce sera une nouvelle approche pour les agriculteurs voulant prendre leur retraite et une nouvelle manière de penser pour les prêteurs aussi.

Malgré cela, il y aura toujours de grosses exploitations agricoles, répond Christian Pons, directeur général de l'Exposition provinciale de Montmagny. «C'est une réalité. Pour répondre aux besoins alimentaires, il faut de la production à grande échelle. C'est le cas pour les boulangeries où il y a quelques gros noms et des boulangers de quartier. C'est la même chose dans les secteurs du porc et de la volaille», expose-t-il.

Les petits producteurs de proximité pourront facilement tirer leur épingle du jeu. Selon lui, ce sont les productions moyennes qui devront être ingénieuses pour survivre en contrôlant efficacement leurs coûts de production que ce soit pour le lait, les produits maraîchers ou la viande alors que les grosses exploitations ont des modèles de gestions et des leviers financiers pour faire face à la demande.

Rapprocher producteurs et consommateurs

«L'agriculture s'est transformée radicalement dans les 40 ou 50 dernières années. C'est évident, continue M. Pons. Mais il faut absolument rapprocher les producteurs des consommateurs pour qu'ils prennent conscience de l'importance capitale de l'agriculture dans leur vie.» Dans cette période de 40 ans, quelques générations de consommateurs n'ont pas pu voir leurs parents travailler à la ferme.

Pas d'agriculteurs ni d'éleveurs d'animaux, et les étals des épiceries seront vides. Et comme disent certains agriculteurs un peu moqueurs devant les citadins : «Les carottes, ça ne pousse pas dans l'entrepôt du magasin, mais en pleine terre. Et ce n'est pas le frigo qui produit le lait, mais une vache.» C'est pour cette raison que l'Union de producteurs agricoles organise cette année encore des journées portes ouvertes dans les fermes (portesouvertes.upa.qc.ca) et que des expositions agricoles se tiennent un peu partout en province avec des volets pour la jeunesse.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer