Maïs sucré de Neuville: une appellation contrôlée en 2016

Isabelle Béland, productrice et secrétaire-trésorière de l'Association des... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Isabelle Béland, productrice et secrétaire-trésorière de l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville, signale qu'un logo devrait identifier le blé d'Inde de Neuville dans les différents points de vente dès l'été prochain.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Leur récolte tant attendue, les producteurs de maïs sucré de Neuville l'auront vraisemblablement à l'été 2016.

En effet, ce n'est qu'une question de mois - sinon de semaines - avant que le gouvernement du Québec accorde l'Indication géographique protégée (IGP) Maïs sucré de Neuville au blé d'Inde qui pousse dans les champs des producteurs de cette municipalité de Portneuf. Un coin de pays qui bénéficie de conditions naturelles propices à la culture du maïs, caractérisées notamment par un climat doux et à l'abri du vent et par des sols sablo-limoneux en terrasses qui favorisent l'exploitation de champs de maïs sucré de grande taille.

Cette reconnaissance protégera, en quelque sorte, le produit.

Trop souvent, des usurpateurs tentent de refiler aux consommateurs des blés d'Inde qui viennent d'un peu partout - sauf de Neuville - en jurant, la main sur le coeur, qu'ils viennent bel et bien de Neuville. En général, les consommateurs n'y voient que du feu. Pourtant, tout le monde le sait : le faux blé d'Inde de Neuville n'arrive pas à la cheville du vrai.

«Si tout va bien, nos produits seront clairement identifiés par un logo à partir de l'été prochain dans les différents points de vente», explique au Soleil Isabelle Béland, productrice et secrétaire-trésorière de l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville. «Les consommateurs sauront alors que le produit qu'ils auront entre les mains est un vrai blé d'Inde sucré de Neuville.»

Par le fait même, il sera plus facile de mettre la main au collet des imposteurs. Des plaintes pourront être portées contre eux. Ils pourront également se faire imposer des amendes. Dorénavant, on ne badinera plus avec l'appellation Maïs sucré de Neuville.

Annonce à l'automne

Il y a déjà plusieurs années que l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville - qui regroupe actuellement 9 des 12 producteurs de blé d'Inde de cette localité - milite en faveur d'une reconnaissance officielle de l'appellation de leur produit vedette, comme c'est le cas pour l'agneau de Charlevoix, par exemple.

En janvier 2014, elle avait déposé une demande de reconnaissance de l'IGP Maïs sucré de Neuville auprès du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), l'organisme institué par le gouvernement pour accorder les diverses appellations contrôlées. Elle a notamment soumis un cahier de charges qui a ensuite fait l'objet d'une consultation publique qui a pris fin en février dernier.

Il ne reste que quelques étapes à franchir avant que le produit phare de Neuville obtienne sa reconnaissance officielle d'appellation.

«Nous devrions être en mesure de faire une annonce à l'automne», indique Isabelle Béland en se croisant les doigts.

Avec des experts externes, l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville doit établir un programme de certification et un plan de contrôle qui permettront d'assurer la conformité des produits qui pourront bénéficier de l'appellation contrôlée. Les producteurs ont arrêté leur choix sur le Ecocert Canada pour exercer avec rigueur, compétence et impartialité tous les contrôles nécessaires. Accrédité par le CARTV, Ecocert Canada vérifie, entre autres, par des visites annuelles, des visites non annoncées et des analyses, le respect des normes de production.

Au terme de ce processus, le CARTV fera une recommandation au ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, qui pourra accorder sa bénédiction à l'appellation Maïs sucré de Neuville.

Le secret d'un maïs unique

Qu'y a-t-il dans le sol de Neuville pour produire un blé d'Inde si tendre, si juteux et si sucré?

«À l'échelle de la région de Québec, le territoire de Neuville est caractérisé par une situation géographique particulière», nous apprend le cahier de charges présenté par l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville au Conseil des appellations réservées et des termes valorisants en vue de l'obtention d'une Identification géographique protégée. «Plusieurs éléments de cette situation ont une influence sur la capacité du territoire à produire en abondance un maïs sucré de qualité et à le commercialiser en primeur.»

«Neuville fait partie de la vallée fertile du Saint-Laurent, avec un climat plus continental que les territoires agricoles situés plus à l'est, caractérisé par plus de chaleur en été et un printemps plus hâtif que les municipalités situées au nord du comté de Portneuf, grâce à une position d'abri orientée au sud, au contact avec le fleuve.»

«Les sols de Neuville sont des loams [terreaux] sableux fins, issus de limons graveleux et pierreux calcaires. Ils sont peu répandus et sont favorables aux productions maraîchères. On retrouve dans le sol une multitude de fragments de roches sédimentaires qui provoquent un réchauffement plus rapide du sol au printemps et au moment de la levée, ainsi qu'un bon drainage. Ces terrains situés avec une exposition au sud sont particulièrement favorables à la production de maïs sucré hâtif.»

«Le maïs sucré étant une plante à fort besoin de chaleur, le microclimat, les particularités du sol et la topographie des terres font partie des facteurs qui ont eu une influence dans l'apparition et le maintien de la réputation actuelle de l'appellation.»

Et ce n'est pas d'hier que le blé d'Inde pousse à Neuville. La première mention relative à la culture du maïs dans cette municipalité de Portneuf d'un peu moins de 4000 habitants remonte à 1668.

C'est à partir des années 60 que les consommateurs de la région de Québec ont commencé à ne jurer que par le bon blé d'Inde sucré de Neuville.

Peu de cas au Québec

La liste des appellations réservées et reconnues au Québec n'est pas bien longue.

En 2000, le mode de production biologique a été accrédité par le gouvernement du Québec.

Puis, ce fut au tour de l'agneau de Charlevoix en 2009.

En 2014, le vin de glace du Québec et le cidre de glace du Québec obtenaient leur appellation réservée respective.

Par ailleurs, en plus du maïs sucré de Neuville, d'autres demandes relatives au lien d'un produit avec le terroir sont à l'étude dont le cheddar de l'Île-aux-Grues et le vin du Québec.

Des demandes d'appellation de spécificité sont également sur la table du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, l'organisme désigné par le gouvernement québécois pour accorder et contrôler les diverses appellations contrôlées. L'une vise le fromage de vache de race canadienne et la volaille Chanteclerc de tradition.

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