Gestion de l'offre en agriculture: le ministre Lebel ne garantit rien

C'est en scandant «Forts et unis» et en... (Le Quotidien, Louis Potvin)

Agrandir

C'est en scandant «Forts et unis» et en chantant des chansons invitant Denis Lebel à tout faire pour maintenir l'intégralité de la gestion de l'offre que les agriculteurs ont arpenté le boulevard Saint-Joseph, à Roberval, pour se rendre au bureau du ministre de l'Infrastructure et des Collectivités.

Le Quotidien, Louis Potvin

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Il est impossible de garantir la protection intégrale du système agricole de gestion de l'offre dans un accord de libre-échange auquel le Canada ne peut tourner le dos, admet le ministre Denis Lebel.

Les négociations du Partenariat transpacifique, un pacte qui vise à libéraliser le commerce entre 12 États qui regroupent près de 800 millions de personnes, semblent près d'aboutir à Hawaï.

Parmi les pays impliqués, plusieurs demandent l'abandon du système de gestion de l'offre qui s'applique au Canada pour le lait, la volaille et les oeufs. 

«Les agriculteurs chez nous nous rappellent à quel point la gestion de l'offre est importante, et on en convient très bien, a déclaré le ministre Lebel, lundi, à Québec. Mais l'ensemble des secteurs économiques du pays sont importants. Nous nous devons d'être dans ce partenariat-là.»

Plus tôt en journée, de nombreux producteurs agricoles de partout au Québec ont manifesté à Roberval, devant les bureaux de M. Lebel, pour réclamer le maintien du système canadien. «Le résultat de la négociation, je ne suis pas capable de vous le promettre, a-t-il admis aux manifestants, selon Radio-Canada. Il n'y a pas un parti qui va promettre une chose qu'il n'est pas capable de livrer.»

Pourtant, vendredi dernier, le ministre d'État à l'Agriculture, Maxime Bernier, était plus catégorique. Il a assuré en point de presse que le mandat du négociateur fédéral est de «préserver le système de gestion de l'offre de façon intégrale, avec ses trois piliers, c'est-à-dire le contrôle de la production, le contrôle des prix et le contrôle des importations». Le ministre Bernier venait de s'entretenir avec des producteurs inquiets à son bureau de Sainte-Marie-de-Beauce.

«On verra»

«Promettre aujourd'hui aux agriculteurs et agricultrices qu'ils auront ce qu'ils veulent... a réitéré M. Lebel dans la capitale. Ce n'est pas moi le négociateur en chef. Je porte le message, et on verra à la toute fin.»

Mise en place dans les années 70, la gestion de l'offre est un système qui permet de contrôler la fluctuation du prix des produits en assurant un équilibre entre l'offre et la demande canadienne. Cette stabilité élimine la nécessité pour les producteurs d'avoir recours à des subventions comme dans d'autres pays, plaide l'industrie.

«Nous allons continuer à rappeler que la gestion de l'offre, c'est important au Canada, au Québec, et on verra comment se terminera la négociation, a répété le ministre Lebel. [...] Mais pour tous les gens des autres secteurs d'activité, que ce soit le bois, l'aluminium et d'autres, on ne peut pas s'exclure de ces marchés-là.»

Près de la moitié des producteurs laitiers et avicoles au Canada se retrouvent au Québec. 

Le Partenariat transpacifique est vu comme une porte d'entrée vers plusieurs marchés asiatiques, dont le Japon, le Vietnam, la Malaisie et Singapour. Les États-Unis, le Mexique, le Pérou, l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont également autour de la table. La Chine n'en fait pas partie. La ratification d'un accord mènerait néanmoins à la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer