Commerce du phoque gris: les chasseurs des Îles étonnés, mais d'accord

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L'Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine est favorable au développement du marché des produits du phoque gris, mais avec certaines réserves.

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Johanne Fournier

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Îles-de-la-Madeleine) L'Association des chasseurs de phoques des Îles-de-la-Madeleine (ACPIM) s'étonne que Pêches et Océans puisse songer à rétablir le commerce des produits du phoque gris, alors qu'il n'y en a jamais eu.

«C'est le phoque du Groenland qui a fait l'objet d'un commerce assez intensif, nuance le directeur de l'organisme, Gil Thériault. Ce sont deux espèces différentes.»

La proposition découle d'un rapport de l'Institut de la fourrure du Canada (IFC). M. Thériault trouve l'idée d'autant plus étrange que l'un des auteurs de l'étude est le président-directeur général de l'entreprise terre-neuvienne Carino Processing, Dion Dakins. «Si la Nouvelle-Écosse avait déposé quelque chose, je comprendrais, explique le gestionnaire de l'ACPIM. Mais, ce sont l'Institut de la fourrure à Ottawa et une entreprise de Terre-Neuve...? Il n'y a pas de phoques gris ni de chasseurs de phoque gris là.»

Gil Thériault acquiesce à l'idée de réduire le troupeau de phoques gris, très nombreux aux Îles-de-la-Madeleine. «Il y a actuellement une surpopulation importante, fait valoir M. Thériault. C'est passé entre 5000 et 10 000 dans les années 60-70 à 530 000 aujourd'hui.»

Le rapport de l'IFC estime que l'abattage des phoques permettrait de vendre des produits tels le pénis, qui est prisé de certains acheteurs, principalement en Asie. «S'il y en a qui s'intéressent aux organes, tant mieux», réagit Gil Thériault. Selon lui, le pénis d'un phoque peut représenter un boni intéressant pour le chasseur. Mais une chose est sûre pour M. Thériault : «Il n'y aura jamais de chasse au phoque uniquement pour le pénis.»

L'ACPIM ne demanderait pas mieux que de pouvoir vendre les différentes parties du phoque. Au cours des dernières années, les chasseurs madelinots ont seulement pu vendre la viande. Ils ont dû abandonner les peaux et la graisse sur la banquise ou au large parce que l'archipel ne dispose pas de l'équipement requis pour les traiter.

Marchés en expansion

Les produits du phoque qui se vendent le mieux sont la viande, la fourrure et la graisse, dont l'huile contient des oméga 3. «Ce sont des marchés qui sont en expansion fulgurante au niveau mondial, souligne le directeur de l'Association des chasseurs de phoques. Notre produit vedette, c'est la viande. Aussi, la fourrure s'est jamais si bien portée.» En 2012-2013, il se serait vendu pour quelque 15 milliards $ de fourrure de toutes espèces animales confondues dans le monde.

Gil Thériault remet aussi en question la proposition de l'IFC de déployer cinq bateaux avec 40 chasseurs de phoques à leur bord afin d'éliminer 140 000 bêtes en cinq ans. «Des chasseurs de phoques gris, il doit en exister au plus une bonne vingtaine, estime-t-il. Ils vont les prendre où, leurs chasseurs? J'irais pas jusqu'à dire que c'est farfelu, mais ils sont très loin de la coupe aux lèvres avec leur projet!» Lors de la dernière saison, environ 30 000 phoques ont été abattus dans le secteur de Terre-Neuve et moins de 3000 au large des Îles-de-la-Madeleine.

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