Les producteurs de lait doutent des engagements pris par Ottawa

La gestion de l'offre permet aux producteurs laitiers... (Photo Shutterstock, Alexander Chaikin)

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La gestion de l'offre permet aux producteurs laitiers de négocier collectivement les prix et de planifier la production de lait totale afin de répondre à la demande des consommateurs.

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(Québec) «Avec votre gouvernement, vous nous dites que le passé est garant de l'avenir. Alors, permettez-nous d'être inquiets.»

Ce constat, il est venu d'une productrice de lait du Bas-Saint-Laurent qui s'adressait, jeudi, au ministre d'État à la Petite Entreprise, au Tourisme et à l'Agriculture, Maxime Bernier.

Celui-ci venait de prendre la parole à l'occasion de l'assemblée générale annuelle des Producteurs de lait du Québec. Il s'était efforcé de rassurer les délégués, à l'effet que le gouvernement ne laisserait pas tomber les producteurs de lait, alors que les négociations menant à la conclusion de l'Accord de partenariat transpacifique (PTP) visant à intégrer les économies des régions de l'Asie et du Pacifique seraient sur le point d'aboutir. Des bruits laissent croire que l'entente de libre-échange entre le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Pérou, le Chili, le Japon, le Viêtnam, le Brunei, la Malaisie, Singapour, l'Australie et la Nouvelle-Zélande pourrait être conclue d'ici l'été.

«Peut-on se fier sur vous, monsieur le ministre? À force d'enlever les planches, le bâtiment va tomber.» Le bâtiment en question, c'est le système de la gestion de l'offre dans le secteur agricole, particulièrement dans celui de l'industrie laitière.

L'Accord économique et commercial global intervenu, l'an dernier, entre le Canada et l'Union européenne prévoit une hausse de 17 700 tonnes du contingent d'importation de fromage. Pour compenser ceux qui pourraient être affectés par l'arrivée en sol canadien de fromage européen, Ottawa s'est engagé à compenser les producteurs qui pourraient être affectés par l'accroissement des contingents d'importation de fromage.

Québec aux barricades

Cet accord, les producteurs laitiers ne le digèrent pas.

Le ministre québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis, l'a aussi avalé de travers.

«L'accord signé avec l'Union européenne a affaibli la gestion de l'offre», a tranché le ministre Paradis, qui prenait la parole après Maxime Bernier. 

«On va permettre l'importation de 17 700 tonnes de fromages. On a fait des concessions. En contrepartie, le fédéral s'est engagé à compenser les pertes que les producteurs et les transformateurs subiront. Dans les prochaines ententes, il faudrait oublier de négocier des compensations et s'assurer plutôt d'avoir des mesures de réciprocité avec nos partenaires. Ce que veulent les producteurs et les transformateurs, c'est du marché. Pas des compensations», a plaidé le ministre Paradis, qui, à la lecture de déclarations récentes du premier ministre Stephen Harper laissant entendre que l'influence du Canada à la table des négociations PTP avait ses limites, notamment en matière de protection du système de la gestion de l'offre, ne camoufle pas son inquiétude pour la suite des choses.

De concert avec l'Ontario et l'industrie, le gouvernement du Québec entend faire «monter la pression» sur Ottawa à la veille des élections fédérales prévues à l'automne pour forcer les forces politiques en présence à respecter leur engagement en faveur du maintien de la gestion de l'offre, «le système le plus juste pour les producteurs et pour les consommateurs», de l'avis de Pierre Paradis. «Nous n'avons pas les moyens de nous en priver.»

Mandat clair au négociateur

Aux délégués, Maxime Bernier a répété que le mandat du négociateur canadien qui participe aux pourparlers de l'Accord de partenariat transpacifique était on ne peut plus clair : «faire la promotion et la protection de la gestion de l'offre». Un modèle efficace qui a fait ses preuves, a rappelé le député-ministre de Beauce.

«Quand nous sommes arrivés au pouvoir en 2006, le Canada ne comptait que cinq ententes de libre-échange avec différents pays. Aujourd'hui, nous en répertorions 38 et nous avons su préserver le système de la gestion de l'offre. À cet égard, je le répète, le passé est garant de l'avenir», a martelé le ministre Bernier, qui a eu l'impression, à un moment donné lors de la période de questions avec les délégués, de se retrouver au coeur d'un «tribunal d'inquisition», comme il l'a qualifié à la blague, tellement les questions des participants étaient insistantes.

***

Qu'est-ce que la gestion de l'offre?

La gestion de l'offre permet aux producteurs laitiers de négocier collectivement les prix et de planifier la production de lait totale afin de répondre à la demande des consommateurs. Elle vise à apporter un meilleur équilibre dans le marché, à éviter les fluctuations imprévisibles et à assurer une stabilité des prix. 

Source : Les Producteurs laitiers du Canada

***

=> La production et la transformation laitière au Québec

  • 5856 fermes 
  • 110 usines
  • 83 000 Emplois directs et indirects 
  • 3 milliards de litres de lait produits
  • 2,4 miliard $ valeur de la production
  • 6,1 milliards $ de contribution au PIB 
  • 1,3 milliard $ en retombées fiscales

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