Entailler ses érables du haut d'une échelle

Marco Cloutier a entaillé ses 6500 érables à... (Le Soleil, Patricia Cloutier)

Agrandir

Marco Cloutier a entaillé ses 6500 érables à l'aide d'une échelle cette année, dans l'espoir de produire plus de sirop.

Le Soleil, Patricia Cloutier

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Depuis deux ans, la production de sirop d'érable de son ami dépassait largement la sienne. Ce printemps, Marco Cloutier a donc pris les grands moyens et a décidé de faire comme lui: il a entaillé ses érables du haut... d'une échelle!

«Les gens me traitent de cinglé!» lance en riant l'acériculteur de Saint-Éphrem, en Beauce. Au cours de l'hiver, plusieurs curieux ont pris des photos de ses tubes, qui sont juchés à environ 15 pieds du sol.

M. Cloutier avoue que l'entaillage de son érablière lui a pris presque deux fois plus de temps qu'à l'habitude. C'est qu'il a dû apposer son échelle sur chacun de ses 6500 arbres et monter sur la plus haute marche avant de pouvoir percer l'érable et insérer le chalumeau.

Pourquoi se donner tant de mal? Marco Cloutier espère produire environ une livre de sirop d'érable de plus pour chaque entaille, ce qui représente environ 20 000 $ de revenus supplémentaires.

C'est son collègue et ami François Carrier, de Saint-Honoré-de-Shenley - le village voisin -, qui l'a incité à se lancer dans l'aventure.

Depuis 2013, M. Carrier entaille ses érables en hauteur et obtient des résultats surprenants. Son érablière a déjà produit environ six livres de sirop d'érable pour chaque entaille.

À la fin du printemps, lorsque la neige aura complètement fondu, M. Carrier se servira d'une longue tige de bois qui se termine par un embout de plastique ressemblant à un arrache-clou - un outil qu'il a «patenté» lui-même, pour retirer les chalumeaux. «C'est un peu plus de travail, mais pour mon érablière, ça vaut la peine!» indique-t-il.

Le Soleil a contacté la Fédération des producteurs acéricoles du Québec pour savoir ce qu'elle pensait de cette idée. «C'est la première fois qu'on entend parler de ça», soutient Caroline Cyr, agente de communication. Elle ne veut donc pas se prononcer.

Une question de bois sain

Carine Annecou, ingénieure forestière du Centre de recherche, de développement et de transfert technologique acéricole ACER, trouve quant à elle que l'idée est bonne. «C'est sûr que sa production va être meilleure», dit-elle.

Pas parce que l'entaille est faite en hauteur, mais bien parce qu'elle est faite dans une partie de l'arbre qui n'a jamais été touchée, donc dans du bois sain.

À chaque fois qu'on entaille un érable, on crée une blessure. Pour se protéger, l'arbre isole toute la zone autour du trou et la condamne. Le bois est alors compartimenté, c'est-à-dire pas mieux que mort. Et même si le producteur fait attention de ne jamais entailler au même endroit, à la longue, il fait le tour de son arbre.

«Il y a des érablières, surtout dans la Beauce, qui ont un très long historique d'entaillage. Certaines produisent depuis plus de 100 ans. Et dans le temps, on entaillait à la hache ou au vilebrequin, ce qui a créé des blessures profondes», explique Mme Annecou.

À l'heure actuelle, aucune étude ne prouve que cette technique donne réellement un meilleur rendement. «Normal», dit Mme Annecou, parce qu'en acériculture, les progrès viennent souvent des essais et des erreurs des producteurs.

«Dans notre domaine, souligne-t-elle, on a 20 ans de recherches de faits. Ce n'est rien comparé au domaine du vin, par exemple, qui peut se reposer sur 2000 ans d'études.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer