Privatiser la SAQ serait une erreur, selon une étude

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Selon les auteurs de cette étude, Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin, la privatisation totale ou partielle de la SAQ mettrait en danger l'équilibre des finances publiques et n'apporterait de plus aucun bénéfice pour les consommateurs.

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(Québec) Privatiser la Société des alcools du Québec (SAQ) serait une erreur, selon une étude publiée mercredi par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

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Vins et spritueux accessibles

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Selon les auteurs de cette étude, Philippe Hurteau et Simon Tremblay-Pepin, la privatisation totale ou partielle de la SAQ mettrait en danger l'équilibre des finances publiques et n'apporterait de plus aucun bénéfice pour les consommateurs.

Pourquoi? D'abord, d'un point de vue financier, «la SAQ verse environ 1 milliard $ en dividendes à l'État chaque année. Si on la privatise, le gouvernement va perdre cet argent. Dans la situation actuelle, avec 1 milliard $ de moins en revenu, on retombe en situation de déficit. Pour résoudre son problème, l'État devra alors procéder à des coupes dans les services à la population ou augmenter la pression fiscale - taxes et impôts - , soit sur les entreprises ou les particuliers», argumente M. Hurteau.

Quant à la possibilité de vendre 10 % des actifs de la SAQ, comme il a été recommandé au gouvernement de Philippe Couillard dans le rapport de Luc Godbout et de Claude Montmarquette sur les finances publiques, M. Hurteau affirme que cette solution ne parviendrait pas à réduire suffisamment les coûts du service de la dette pour compenser les pertes en dividendes, que ce soit sur 10 ans ou sur 20 ans.

«L'idée est de vendre 10 % de la SAQ, de prendre le montant généré par la vente, de le mettre sur notre dette et de se dire qu'on va économiser au niveau du service de la dette», explique le chercheur de l'IRIS. «Si on vend 10 % de la SAQ, c'est 10 % de revenu que l'État va perdre chaque année aux mains des actionnaires.»

Afin de savoir si le gouvernement du Québec gagnerait à privatiser la SAQ, les chercheurs ont étudié deux scénarios, l'un qui évalue la valeur de la société d'État à 12 milliards $ et l'autre à 30 milliards $.

«On arrive comme conclusion que, sur une période de 20 ans, l'État va toujours perdre davantage en termes de paiement de dividendes qu'elle va gagner en économie au niveau du service de sa dette. Dans le premier scénario [12 milliards $], l'État perd entre 1,9 et 2,3 milliards $ par année et, dans le second, elle perd entre 245 millions $ et 1,2 milliard $», soutient M. Hurteau, ajoutant que la privatisation de la SAQ pourrait aussi envoyer un message d'alarme au marché financier. «Privatiser une société d'État très rentable, c'est dire que le gouvernement a perdu le contrôle de ses finances.»

Alberta c. Québec

Depuis plusieurs années, les tenants du modèle albertain défendent que celui-ci permet d'avoir accès à une plus grande variété de produits et que la libre concurrence fait décroître les prix, ce qui donne accès à des prix plus avantageux en Alberta qu'au Québec.

«Contrairement à ce qui est avancé, le Québec offre une plus grande diversité de vins et spiritueux. On compte 29 400 produits au Québec, contre 16 037 en Alberta», répond Simon Tremblay-Pepin. «De plus, la privatisation albertaine n'a pas permis de réduire les prix. Au contraire, ceux-ci ont cru deux fois plus vite qu'au Québec depuis la privatisation [en 1993].»

«Le jeu de la concurrence n'a pas effectué la magie de faire baisser les prix en Alberta», ajoute M. Hurteau. «Ce que nous avons fait essentiellement, c'est remplacer un monopole public, où l'on pouvait quand même contrôler les prix, par un oligopole privé, où ce sont les grands acteurs de la distribution alimentaire [Loblaw, Sobeys, etc.] qui contrôle la majeure partie de la commercialisation.»

Après avoir comparé les deux provinces, les chercheurs en sont venus à la conclusion que les prix pour l'alcool étaient similaires entre le Québec et l'Alberta. Leurs revenus gouvernementaux, par litre d'alcool vendu, étaient aussi identiques.

L'IRIS a également constaté que la concurrence dans le secteur privé au Québec n'a pas eu comme conséquence de faire descendre les prix du vin. «Les dépanneurs et les épiceries ne se sont pas contentés de la marge bénéficiaire suggérée de 13,5 %. Au contraire, en vendant leurs bouteilles avec 25 % en moyenne de marge bénéficiaire, ils enregistrent un surprofit de 11,7 %. C'est presque le double du taux recommandé», conclut M. Tremblay-Pepin. Au Québec, 400 vins différents sont vendus en épicerie et en dépanneur.

Vins et spiritueux accessibles au Québec et en Alberta

Produits accessibles en Québec

En succursale 12 500

En épicerie et en dépanneur 400

En importation privée 16 440

Total 29 340

Produits accessibles en Alberta 

Vin 12 321

Spiritueux 3716

Total 16 037

Source : Institut de recherche et d'informations socio-économiques

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