Sirop d'érable: les producteurs ont les mains collées

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Aujourd'hui, avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, créée il y a 15 ans et qui affirme regrouper quelque 7300 entreprises, seulement 700 petits producteurs vraiment indépendants peuvent vendre directement aux consommateurs en étant hors de la Fédération.

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(Québec) Le système de gestion de l'offre et les quotas de la filière du sirop d'érable au Québec ne favorisent pas le développement de l'industrie. Au contraire, les contraintes ouvrent la porte toute grande aux producteurs des États-Unis et, dans une moindre importance, à ceux de l'Ontario, qui commencent à s'organiser pour envahir des marchés internationaux majeurs, comme la Chine.

Pour le professeur Sylvain Charlebois, professeur-chercheur en distribution et en politiques agroalimentaires de l'Université Guelph, en Ontario, le système québécois est peut-être aussi collant que le produit, en ce sens qu'il freine l'innovation en procurant des revenus décents aux producteurs qui auront tendance à dormir sur leurs lauriers au lieu de développer de nouveaux débouchés et produits pour le sirop d'érable.

Traditionnellement, la production de sirop d'érable était un revenu d'appoint pour les agriculteurs. Aujourd'hui, avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, créée il y a

15 ans et qui affirme regrouper quelque 7300 entreprises, seulement

700 petits producteurs vraiment indépendants peuvent vendre directement aux consommateurs en étant hors de la Fédération. Il faudrait un virage, soutient Sylvain Charlebois, pour donner une nouvelle vie à la filière acéricole.

«Assurer de bons revenus aux producteurs et avoir des quotas, ce n'est pas mauvais en soi, ajoute M. Charlebois, mais je me demande à quoi peut servir la réserve stratégique de plusieurs millions de litres de sirop, sinon à garantir des prix élevés.»

Lorsque la Fédération s'est fait voler six millions de livres de sirop d'érable, le Québec et le Canada ont été couverts de ridicule par les commentateurs d'émissions de télé aux heures de grande écoute, se souvient M. Charlebois. C'était principalement en raison de la réserve stratégique de sirop entreposé et de la gestion de l'offre.

Il donne l'exemple des producteurs de canneberges aux États-Unis. Avec la loi du Farmer Act, ceux-ci n'ont pas besoin de se soucier des surplus : l'United States Department of Agriculture les rachète et s'occupe du marché de l'exportation. Les États-Uniens sont en train de s'organiser de la même manière avec le sirop d'érable.

À son avis, les producteurs et leur fédération devraient revoir la gestion des stocks tout en modifiant les quotas pour soutenir et développer les ventes à l'étranger. En même temps, il serait nécessaire de créer de nouveaux produits, comme l'a fait l'Université McGill, qui a conçu un sirop d'érable qui favorise la santé du système digestif (tinyurl.com/oxz59d9).

Plus encore, il estime que les producteurs doivent miser sur la performance des entreprises et laisser plus de place à l'innovation. «Il faut même sensibiliser la clientèle [au fait] que l'on peut faire plus que des crêpes au sirop d'érable, continue M. Charlebois. Il doit y avoir une éducation sur le bon et le mauvais sirop, segmenter les goûts des produits pour différentes applications et faire en sorte que l'industrie crée de nouveaux produits.»

Pour les gros producteurs, la gestion de l'offre et les quotas ne sont pas un problème, mais pour les petits, c'est plus difficile d'acheter des quotas et de vivre avec une marge de crédit tant que leur production dans la réserve n'a pas été vendue.

Il s'étonne aussi des amendes imposées aux producteurs, qui frôleraient le million de dollars, et des frais juridiques dans les 300 000 $. À son avis, tout le fonctionnement de la filière acéricole mériterait une révision et une mise à jour de son mode de fonctionnement.

Il raconte qu'en Chine, on lui a parlé très souvent des produits canadiens, notamment du vin de glace provenant de l'Ontario, mais jamais du sirop d'érable.

=> Production

  • Le Canada assure 71 % de la production mondiale.
  • Le Québec occupe 90,7 % de la production nationale.
  • L'Ontario et le Nouveau-Brunswick représentent chacun 4,4 % de la production.
  • La Nouvelle-Écosse, 0,5 %
  • 51 % des érablières du Québec comptent 3000 entailles ou moins.
  • 12 % ont 10 000 entailles ou plus.
  • 1 % gèrent plus de 30 000 entailles.

=> Industrie de l'érable

  • 7300 entreprises
  • 6,3 milliards $ en produits
  • En 2007, la valeur de la récolte a été estimée à 136 millions $.
  • En 2014, la production a été de 113,7 millions de livres pour 42,7 millions d'entailles.
  • 85 % de la production est vendue en vrac.
  • Le plus gros importateur : les États-Unis
  • L'Allemagne, le Japon et les autres pays importent ensemble moins de la moitié de la demande des États-Unis.

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