Terres agricoles: l'UPA propose de limiter la superficie vendue à une même entité

Le président de l'UPA, Marcel Groleau, proposera en... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le président de l'UPA, Marcel Groleau, proposera en commission parlementaire de limiter le nombre d'hectares qu'une entité peut acquérir autrement que par transfert inter-géné-rationnel.

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) La commission parlementaire sur «l'accaparement des terres agricoles» se réunit à compter de lundi pour savoir s'il y a vraiment un problème au Québec dans ce domaine.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) sera des premiers groupes à se faire entendre. L'UPA réclamera un mécanisme pour freiner la vente de terres à des intérêts autres que ceux de la relève agricole à proprement parler.

Autre protagoniste central dans le débat, soutenant une thèse à l'opposé de l'Union, la société Pangea se veut «un nouveau modèle d'entrepreneuriat agricole». Elle veut «créer un pont avec les agriculteurs» et leur offrir «un capital patient».

L'accaparement des terres s'accompagne de la financiarisation du secteur par des investisseurs. Le document de référence remis aux députés le définit «comme l'acquisition de grandes étendues» cultivables «par des investisseurs, des transnationales ou des États étrangers», ce qui ne s'applique pas ici pour les deux dernières catégories.

Le dossier ne prend pas position sur le phénomène au Québec, si ce n'est pour rapporter que «le débat prend une importance croissante dans le débat public». Il cite cependant le groupe de recherche CIRANO, qui a qualifié, il y a deux ans, le mouvement de «marginal».

L'UPA a déjà transmis des chiffres qu'elle juge inquiétants : de 2009 à 2014, une quinzaine de sociétés privées ont acheté pour 139 millions $ de terres représentant 32 000 hectares, soit 2 % de la zone cultivable québécoise.

«Le juste prix»

Dans une rencontre qu'il a sollicitée au Soleil, le directeur général de Pangea, Serge Fortin, s'est fait rassurant. La firme «n'est pas là pour des investissements» spéculatifs et «faire monter la valeur des terres. On trouve les terres et on paie le juste prix». Sur le plan personnel, il s'est défini comme les descendants d'une longue lignée d'agriculteurs.

Le modèle d'affaires de Pangea, a-t-il expliqué, c'est de s'associer à des agriculteurs pour qu'ils cultivent les superficies acquises par la firme qui, en retour, a les capitaux nécessaires, entre autres, pour la mise en commun d'équipements. «Notre partenaire garde ses terres, a insisté M. Fortin. Chacun garde ses terres.»

L'homme d'affaires considère que le procédé offre une voie intéressante pour la relève. Le monde agricole est de façon générale âgé, a-t-il souligné. Or, le secteur économique est «capital intensif», un problème de taille pour les jeunes agriculteurs, a poursuivi Serge Fortin.

Le dirigeant de la firme s'est dit content de s'expliquer devant les parlementaires. «Beaucoup de choses ont été véhiculées qui ne sont pas nous», a-t-il mentionné. 

Le président de l'UPA, lui, n'est pas du tout d'accord avec le «modèle d'affaires» Pangea. Marcel Groleau estime qu'elle a «une drôle de façon de développer des entrepreneurs» avec le partage des rendements proposé.

Le leader de l'influente Union n'y voit pas une solution pour le transfert des entreprises familiales. «Le problème, c'est que lorsqu'ils disent aider une relève, ils en font mourir 10 autres [...] en livrant une concurrence féroce pour les terres.»

Dans son mémoire, l'UPA a recensé une quinzaine de fonds d'investissement ayant investi plus de 120 millions $ sur cinq ans. Elle réclame, entre autres, de «limiter à 100 hectares, pour une période de trois ans, la superficie que toute personne ou entité peut acquérir en une année à des fins autres que le transfert intergénérationnel».

En entrevue. M. Groleau a laissé entendre que le problème qu'il décrit ne se limite pas à Pangea. Un homme d'affaires a acheté 5000 hectares, en Abitibi, qu'il «ne cultive pas parce qu'il n'y habite pas». Les terres ont été offertes en location et sont à l'abandon, a mentionné le président.

Le leader de l'UPA amènera à l'attention des élus la hausse marquée de la valeur des terres agricoles, qu'il attribue en partie à la spéculation d'investisseurs. Selon la commission parlementaire, le prix des terres en culture a grimpé de près de 9 % entre 2012 et 2013; et de 12 %, pour les terres agricoles, en général. Pour M. Groleau, les «prix ont facilement monté de 50 % depuis 2012».

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