Pêcheurs de morue et chasseurs de phoque piqués par Ottawa

Des pêcheurs de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine... (Photothèque Le Soleil)

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Des pêcheurs de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine n'apprécient pas que Pêches et Océans Canada s'associe au Fonds international de protection des animaux, reconnu pour sa lutte acharnée contre la chasse au phoque, l'un des principaux facteurs ayant causé le déclin des stocks de morue, dans les années 80 et 90.

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Carleton) De nombreux pêcheurs de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine dénoncent l'association entre le ministère fédéral des Pêches et des Océans et le Fonds international pour la protection des animaux en ce qui a trait à la production d'une brochure encourageant l'appui à un organisme protégeant les baleines.

Le pêcheur madelinot Ghislain Cyr appuie la protection des baleines, mais il voit mal comment Pêches et Océans Canada a pu s'associer au Fonds international de protection des animaux (FIPA), reconnu pour sa lutte acharnée à la chasse au phoque, l'un des principaux facteurs ayant causé le déclin des stocks de morue, dans les années 80 et 90.

En tant que pêcheur de morue et chasseur de phoques, M. Cyr a ainsi été pénalisé doublement depuis 30 ans par les démarches du FIPA, mieux connu sous son acronyme anglais, IFAW.

«On pourrait penser que c'est pour nous narguer. C'est une brochure qui a été mise sur la table par le MPO [ministère des Pêches et des Océans] lors du comité consultatif sur le crabe [...] Donc, présenter ça à une assemblée de pêcheurs, alors que l'IFAW a tout fait pour provoquer un boycott des produits marins canadiens sur les marchés européens, c'est particulier.»

Le dépliant a été publié par une équipe de protection des baleines de l'île Campobello, dans la baie de Fundy. Pêches et Océans Canada et le FIPA le commanditent, tout comme MARS, un réseau de protection du phoque gris. Le Ministère a aussi fourni deux bateaux pneumatiques usagés à l'équipe de Campobello, bateaux qui ont été équipés de moteurs par le FIPA.

Le fléau du phoque gris

«La population de phoques gris est passée de 12 000 à 500 000 individus entre 1982 et 2015 dans le golfe Saint-Laurent. Dès 1990, on disait au gouvernement qu'il y avait un problème avec les phoques et il n'a rien fait», rappelle M. Cyr, qui a participé à de nombreuses sorties scientifiques en mer depuis le début des années 80, notamment avec Mike Hammill, expert sur les phoques.

Ses travaux, menés sur plus de 30 ans, ont récemment permis d'établir qu'un phoque gris consomme entre une tonne et une tonne et demie de poisson par an, dont beaucoup de morue.

Depuis 1993, la capture de la morue a été soumise à trois moratoires couvrant le plus clair des 22 dernières années dans le golfe. En 2014, les captures québécoises de morue ont été limitées à des prises accidentelles et une pêche scientifique de 438 tonnes, des dizaines de fois moins qu'en 1987.

«La ministre de Pêches et Océans Gail Shea dit être pour la chasse mais les gens d'IFAW sont encore actifs quand on chasse le phoque. On travaille avec l'IFAW à côté de nous», déplore M. Cyr.

Le porte-parole de Pêches et Océans Canada, David Walters, assure que son ministère ne finance et ne soutient pas le FIPA. «L'équipe de sauvetage des baleines de l'île Campobello est une organisation non gouvernementale qui bénéficie de l'appui de nombreux autres organismes», écrit-il.

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