Demers intéressée par Savoura

Pour l'instant, les Serres du Saint-Laurent continuent leurs activités... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Pour l'instant, les Serres du Saint-Laurent continuent leurs activités et les livraisons de tomates Savoura se poursuivront jusqu'au moment de la vente.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Pdg de Productions Horticoles Demers, Jacques Demers dénonce le peu de volonté politique affiché par le gouvernement de Québec pour faire pousser l'industrie serricole au Québec. Plutôt que de vendre des surplus d'électricité au rabais aux États-Unis, pourquoi ne pas utiliser cette ressource qui coule dans nos rivières pour produire encore plus de fruits et de légumes 12 mois par année, en faisant bénéficier les producteurs d'un tarif d'électricité préférentiel, suggère-t-il.

«Pourquoi ne ferait-on pas en sorte de rentabiliser encore plus chaque kilowattheure que nous produisons? Ça permettrait de conserver et de créer des emplois. De générer de l'activité économique. Ça serait plus payant pour la collectivité que de vendre nos surplus d'électricité aux Américains à 4 ¢ ou 5 ¢ le kilowattheure.»

Mardi, Jacques Demers a affiché ses couleurs. Il veut mettre le grappin sur les actifs des Serres du Saint-Laurent et de la marque Savoura. Il a rencontré, ces dernières heures, le syndic qui a le mandat de vendre l'entreprise de Portneuf aux prises avec des difficultés financières. Avec son équipe, il a commencé à scruter à la loupe la situation financière et technique des Serres du Saint-Laurent, qui, depuis 25 ans, est l'un de principaux concurrents de son entreprise.

Contrairement à l'entreprise Les Serres du Saint-Laurent, Productions Horticoles Demers ne fait pas pousser que des tomates dans ses installations à Lévis, à Drummondville et à L'Assomption. Elle cultive aussi des poivrons, des aubergines, des fraises et des framboises.

«Nous voulons sauver Les Serres du Saint-Laurent et la marque Savoura», affirme M. Demers. «Il est impératif que ce soit un joueur québécois qui reprenne le flambeau. Nous sommes convaincus d'avoir l'expertise pour réaliser l'opération», assure-t-il en soulignant que l'entreprise faisait saliver beaucoup de producteurs, notamment en Ontario et au Mexique. «Il faut faire en sorte que les consommateurs québécois, quand ils verront des tomates Savoura sur les comptoirs des supermarchés, aient l'assurance qu'il s'agit encore bel et bien d'un produit local.»

À savoir s'il aura besoin d'un coup de pouce de l'État, notamment par l'entremise d'Investissement Québec, pour acquérir Les Serres Saint-Laurent, Jacques Demers indique qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. «Nous ne sommes pas encore rendus là.»

Dans l'industrie de la tomate, il y a tout un marché à développer au Québec, affirme Jacques Demers.

Importation

Il rappelle que les producteurs ontariens et mexicains occupent plus de la moitié de ce marché. «Nous importons encore beaucoup de tomates de l'étranger. Il y a donc encore de place en masse pour les serriculteurs québécois.»

Encore faut-il leur donner les moyens de se battre à armes égales avec les «étrangers».

En raison de l'accessibilité au gaz naturel, les producteurs en serre de l'Ontario ont pris du galon au cours des dernières années. «Nos voisins ont pu développer leur surface de production de façon exceptionnelle», note M. Demers. En effet, selon André Michaud, un accompagnateur d'entreprises en développement agroalimentaire, le Québec dispose de plus ou moins 100 hectares en production maraîchère en serre, alors que l'Ontario en a plus de 1000. «Ici, nous avons fait le choix de l'électricité. Même si nous bénéficions de tarifs plus intéressants depuis 2014, il reste encore du chemin à faire», constate Jacques Demers. 

Serres Sagami réfléchit

Au cours des dernières années, Stéphane Roy, président de Serres Sagami, a acheté deux producteurs de tomates en faillite, l'un à Saguenay, l'autre aux Éboulements, dans Charlevoix (Serres Lacoste). 

L'entreprise, dont le siège social est situé à Sainte-Sophie, possède autant d'hectares de production - 13 - que Les Serres du Saint-Laurent. Elle vend ses produits sous les marques Biologico et Serres Sagami.

Bien qu'il n'ait pas encore reçu un appel du syndic, il s'intéresse à l'entreprise en difficulté. «Je ne peux laisser passer une belle opportunité comme ça sans y jeter un oeil», explique-t-il au Soleil.

À l'instar de Jacques Demers, il s'explique mal que le Québec vende ses surplus d'électricité au rabais aux États-Unis, alors que les serriculteurs - «qui nourrissent le Québec» - doivent se débattre avec des factures d'électricité «astronomiques» et affronter la concurrence mexicaine qui paie ses travailleurs 10 $ par jour.

«Il y a du monde qui fait un gros dodo», affirme Stéphane Roy.

Paradis dans le camp des producteurs

Dans leur bataille pour obtenir un tarif d'électricité préférentiel, les producteurs en serre du Québec peuvent compter sur un allié de taille en la personne du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Paradis.

«Je ne comprends pas que l'on ne soit pas capable d'investir davantage dans les productions en serre, notamment en proposant des tarifs raisonnables au x producteurs, avec les surplus d'électricité que l'on a au Québec», a exprimé M. Paradis en entrevue au Soleil.

«En Ontario, les producteurs réussissent bien, car ils ont accès au gaz naturel. Au Québec, de l'électricité, nous en produisons plus que le client en demande, même si nous devons en acheter à l'occasion sur les marchés. Normalement, les producteurs devraient être avantagés, mais ils ne le sont pas.»

«N'ai-je pas lu quelque part, ces derniers jours, qu'Hydro-Québec avait enregistré des profits qui dépassent 15 % en 2014?» demande-t-il avec une pointe d'ironie. 

«Modeste ministre»

«C'est peut-être le bon moment pour brasser le grelot», ajoute-t-il en cherchant à minimiser son influence sur la société d'État.

«Je ne suis qu'un modeste ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Le président d'Hydro-Québec ne m'appelle pas à tous les jours!»

En novembre 2013, les producteurs en serre du Québec ont bénéficié d'une baisse de leur tarif d'électricité, qui est passé de 7,78 ¢ à 4,4 ¢ le kilowattheure.

«Insuffisant», clame le Syndicat des producteurs en serre du Québec en indiquant qu'à peine une poignée de producteurs ont eu accès à cette baisse étant donné qu'ils devaient réaliser des investissements importants pour convertir leur système de chauffage.

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