Opération sauvetage pour Savoura

En passe avec des difficultés financières, les Serres du Saint-Laurent, qui... (Photo: Stéphane Lessard)

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(Québec) En passe avec des difficultés financières, les Serres du Saint-Laurent, qui produit et qui commercialise les tomates de marque Savoura, est à vendre. À la demande des créanciers garantis de l'entreprise de Portneuf, la Cour supérieure du Québec vient de nommer un séquestre - la firme Raymond Chabot - pour tenter de vendre les actifs de la compagnie à un nouvel opérateur.

«L'entreprise traverse une tempête. Il faut s'assurer de la garder à flot», a expliqué, vendredi, au Soleil l'associé responsable du dossier chez Raymond Chabot, Jocelyn Renaud, en précisant que les activités de production et de distribution continueront de façon à répondre à la demande de la clientèle.

«Ce n'est pas la faillite. Ce n'est pas la fermeture de l'entreprise. Nous prenons temporairement le contrôle du gouvernail pour faire sortir la compagnie de la tempête et ensuite la laisser entre les mains d'un opérateur qui va en devenir le capitaine. C'est le message que je livre, aujourd'hui, aux employés», a-t-il ajouté. «Notre objectif est de garder l'entreprise en vie. Savoura, c'est un fleuron au Québec. J'ai donc demandé aux employés de nous aider à les aider. S'ils quittent tous le navire, ça ne nous aidera pas à trouver un acquéreur.»

Les Serres du Saint-Laurent compte sur 190 employés. L'entreprise possède quatre gigantesques serres totalisant 140 000 mètres carrés à Portneuf, à Saint-Étienne-des-Grès et à Danville.

Les créances de la compagnie auprès de ses deux créanciers garantis - la Banque Nationale du Canada et la Banque Royale du Canada - s'élèvent à 10 et à 6,1 millions $ respectivement.

Au cours des derniers mois, la direction de la compagnie a entrepris des démarches pour dénicher de nouveaux partenaires. L'opération n'a pas porté fruit.

Les créanciers garantis, qui devaient injecter de plus en plus d'argent pour financer les opérations de l'entreprise, ont perdu patience. Ils se sont tournés vers le tribunal pour que la Cour supérieure ordonne la mise en place d'un processus formel de sollicitation d'acquéreur des actifs des Serres du Saint-Laurent.

«Nous n'avons pas d'épée de Damoclès au-dessus de notre tête, mais nous espérons pouvoir compléter notre mandat le plus rapidement possible», a indiqué Jocelyn Renaud.

Les entreprises intéressées à acquérir les activités de l'entreprise de Portneuf devront démontrer leur capacité à assurer une transition de la production, à maintenir la qualité associée à la marque de commerce Savoura et à présenter un plan d'action pour y parvenir.

«Nous ferons le nécessaire pour conserver le savoir-faire de l'entreprise et pour minimiser les impacts sur la marque de commerce», a-t-il insisté. «Notre but n'est pas de vendre la marque de commerce Savoura - une marque forte et connue de tous - à quelqu'un qui ira par la suite s'approvisionner au Mexique ou en Ontario pour vendre ses tomates Savoura au Québec, mais bien l'entreprise.»

Des tomates à la tonne

À ses installations de Portneuf, Les Serres du Saint-Laurent possèdent 94 000 plants qui produisent pas moins de 210 000 tomates Savoura par semaine.

Dans ses trois autres serres à Danville et à Saint-Étienne-des-Grès, l'entreprise en récolte autant sinon plus.

À Saint-Étienne-des-Grès, la serre ultramoderne chauffé par les biogaz générés par un site d'enfouissement situé à proximité, fait pas moins de 52 000 mètres carrés, soit l'équivalent de 10 terrains de football. Ses 126 000 plants produisent suffisamment pour remplir six camions-remorques.

Fondée en 1988 par les familles Gosselin et Gauvin, l'entreprise dont le siège social est situé à Portneuf a fait preuve d'avant-gardisme technologique pour être en mesure de produire des tomates en serre 12 mois par année au Québec et de rivaliser avec les producteurs ontariens et mexicains.

Elle a aussi su faire preuve d'imagination pour développer de nouveaux produits et pour attirer l'attention des consommateurs. Qui n'a jamais vu la publicité montrant une tranche de pain prise en sandwich par une tomate?

Par contre, Les Serres du Saint-Laurent a échoué dans son expansion au Mexique.

À la fin de 2010, la compagnie avait décidé d'aller s'implanter dans ce pays dans l'espoir de desservir le marché sud des États-Unis, principalement la Floride et le Texas.

«Ce fut une mauvaise expérience», avait indiqué au Soleil la présidente de l'entreprise, Marie Gosselin. «Notre locateur devait nous fournir de l'énergie et il a manqué à ses devoirs. Un bon soir de novembre, le gel s'est mis de la partie et il arriva ce qu'il devait arriver : nous avons perdu toute notre production. Nous avons alors décidé de fermer boutique et de rentrer à la maison.»

Qui est sur les rangs?

Le portail agricole La Terre de Chez Nous rapportait, vendredi, que l'entreprise Les Productions horticoles Demers, de Lévis, était intéressée à acquérir la marque Savoura et l'ensemble des actifs de production des Serres du Saint-Laurent. Le Soleil n'a pu se faire confirmer l'information.

La Terre de Chez Nous signalait également qu'un important producteur américain de légumes en serre, Mastronardi Produce, aurait vainement tenté de mettre le grappin sur la marque Savoura et certains des actifs les plus performants. L'offre aurait été rejetée, car elle n'incluait pas toutes les installations du serriste québécois.

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