Camions de cuisine de rue: Québec sur les freins

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Alors que les camions-cuisine roulent déjà dans les rues de Montréal, Québec demeure réticente à laisser ce concept s'installer en ville et continue d'analyser la question.

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(Québec) Tandis que Montréal annonçait cette semaine qu'elle étendait son projet de camions de cuisine de rue à de nouveaux arrondissements, Québec n'en verra pas un seul sur son territoire cet été. La Ville analyse toujours l'idée, au grand dam de Claude Lamarre, dont l'Épicurien mobile était prêt à prendre la route.

La responsable du dossier à la Ville de Québec, la conseillère Julie Lemieux, n'a pas terminé sa réflexion. «Si on veut faire un projet pilote, ça ne serait pas cette année», tranche-t-elle d'entrée de jeu. «On va finir les analyses... s'il y en avait un, ce serait l'année prochaine. Mais on est loin de cela encore», tient à préciser l'élue.

«On est conscient qu'on n'est pas le même marché que Montréal par rapport à ça et on veut le faire dans le respect des restaurateurs qui payent des taxes et qui essaient de faire vivre leur commerce», argue-t-elle. Julie Lemieux assure que ce n'est pas une question de principe puisque la municipalité n'est pas contre.

«Mais on veut que ça se fasse dans les règles de l'art et on prend notre temps pour le faire», insiste la conseillère, qui évoque les «voix discordantes» qui s'élèvent à chaque fois que la question refait surface. «Il y a des restaurateurs plus ou moins à l'aise avec cette idée-là. Il faut y aller doucement», fait valoir Mme Lemieux, qui est en contact avec ses homologues montréalais pour échanger sur la question.

La Ville de Québec a longtemps été réfractaire à toute initiative visant à permettre la bouffe de rue sur son territoire. Alors que Montréal entamait son projet pilote en 2013, les élus du comité exécutif ont conclu, après s'être penchés sur la question, qu'il s'agirait d'une «concurrence déloyale» pour les restaurateurs. Mais voilà qu'au printemps 2014, la Ville semblait avoir changé son fusil d'épaule et démontrait pour la première fois une ouverture pour une éventuelle flotte de minirestaurants sur quatre roues.

«Un peu ridicule»

C'est entre autres Claude Lamarre, un homme d'affaires oeuvrant dans l'industrie agroalimentaire, qui avait relancé le débat. Celui-ci a soumis son projet à l'administration Labeaume pour la première fois l'an dernier. Il a de nouveau contacté la Ville en novembre dernier, confiant que cette fois-ci serait la bonne. La réponse négative est arrivée il y a deux semaines.

«Je trouve ça un peu ridicule. Ils attendent des résultats de Montréal depuis deux ans. Les résultats sont probants, pas besoin de faire une enquête exhaustive, ça marche!», s'exclame celui qui n'a cependant pas attendu l'aval de la Ville pour faire l'acquisition d'un camion - l'ancien de l'émission L'Épicerie - l'été dernier. L'Épicurien mobile s'est certes déplacé dans des événements privés depuis son lancement, mais ne sera pas aussi mobile que souhaité. M. Lamarre avait aussi en tête de mettre sur la route d'autres véhicules, un projet qu'il devra remettre à plus tard.

«Je suis clairement déçu», dit celui qui croit que le «malaise» de la municipalité provient des différents articles dans les médias faisant état de la difficulté de certains restaurateurs de la région. «Clairement, il y a quelque chose rattaché à cela», évoque celui qui est persuadé que la restauration de rue n'entre pas en compétition avec la traditionnelle.

«Je trouve ça surprenant qu'une ville comme Québec n'a pas de la cuisine de rue, c'est ça qui m'agace plus que d'autres choses», affirme celui qui voyage beaucoup à l'étranger dans le cadre de son travail. Il croit que la Capitale-Nationale aurait tout à gagner en permettant à des petits entrepreneurs de préparer des repas sur le pouce à ses citoyens et à ses touristes. «Ça donne de la visibilité et un côté glamour à la ville.»

Celui qui se décrit comme un dragon parce qu'il a aidé ses deux fils à lancer un camion de cuisine de rue à Montréal croit aussi que la Ville permettrait à de jeunes entrepreneurs de se lancer en affaires. «C'est pas juste un projet pour moi, c'est un projet pour Québec et pour tous ceux qui, comme moi, ont des camions qui attendent dans leur cour», laisse-t-il tomber. Avec Stéphanie Martin

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