Terres des Soeurs de la Charité: «occasion en or» ratée

Bernard Vachon, professeur de géographie à l'UQAM, estime... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Bernard Vachon, professeur de géographie à l'UQAM, estime que la Ville de Québec a commis une erreur en permettant un projet d'immobilier sur les terres des Soeurs de la Charité.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) En donnant sa bénédiction à un projet immobilier d'envergure sur les terres des Soeurs de la Charité, le maire Régis Labeaume «rate une occasion en or» de s'inscrire comme «un leader en développement durable», estime l'ex-professeur de géographie de l'UQAM et spécialiste du monde rural Bernard Vachon.

«Le plus triste, c'est que le maire avait une occasion unique de prendre une décision pour l'avenir. C'est une occasion exemplaire qui a été ratée. Ç'aurait pu être son legs à la ville. Mais ses liens avec le monde économique sont trop forts», déplore le professeur, maintenant citoyen de la capitale.

Si Bernard Vachon parle au passé et à l'imparfait, c'est qu'il croit que les dés sont jetés et que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a déjà fait son lit quant au sort de ce «patrimoine exceptionnel». «Si la Fondation Jules Dallaire a investi 39 millions $, c'est que des ententes d'engagement ont été prises, avec l'assurance que le dézonage sera accepté.»

Les nombreux exemples de dézonage dans la région montréalaise, particulièrement en Montérégie, où des conseils municipaux et des promoteurs ont obtenu gain de cause, lui font dire qu'il en sera de même pour les terres des Soeurs de la Charité.

«La loi est extrêmement contraignante, mais certaines dispositions peuvent prendre en compte des considérations sociales et économiques, explique-t-il. Il arrive que des décisions sont rendues en faveur des développeurs immobiliers et de villes qui cherchent à augmenter leur richesse foncière.» Avec comme résultat, dénonce-t-il, que la loi est devenue «un véritable fromage gruyère» où fleurissent les cas d'exception.

À son avis, seul un important mouvement citoyen pourrait renverser la vapeur. «Il faudrait des pressions très fortes et articulées sur la CPTAQ afin que la loi soit appliquée dans son intégralité et sur la base de la qualité exceptionnelle des lieux.»

Dans le champ

L'organisme d'économie sociale Les Urbainculteurs déplore lui aussi la décision de transformer ces 204 hectares - l'équivalent de 377 terrains de football - en quartier résidentiel. «C'est erroné et arriéré comme position. Il faut passer à un autre discours plutôt que de donner dans l'immobilier comme toujours», explique sa porte-parole Marie Eisenmann, déplorant «le manque d'ouverture» de la Ville à l'égard de l'agriculture urbaine.

«Les terrains de qualité pour cultiver sont rares en milieu urbain. Dans plusieurs grandes villes, comme New York, Boston et Seattle, on en cherche. Contrairement à ce que croit M. Labeaume, l'agriculture urbaine, ce n'est pas seulement deux, trois granos qui cultivent leur jardin le samedi matin. Il est dans le champ. Il faut penser à ce que pourraient rapporter ces terres en matière de qualité de vie.»

Les Urbainculteurs verraient d'un bon oeil la création de jardins biologiques où fruits et légumes seraient écoulés dans un marché public. L'endroit se prêterait aussi à une fermette pour sensibiliser les enfants à la vie rurale. «On va bien à l'aquarium voir des ours polaires. Beaucoup d'enfants n'ont jamais vu d'animaux de ferme.»

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