Offre de restaurants à Québec: «le libre marché va faire son travail»

Le fondateur et ex-propriétaire du Savini, James Monti,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le fondateur et ex-propriétaire du Savini, James Monti, ne croit pas qu'un contingentement soit une solution. Il croit que la Grande Allée doit rester telle qu'elle est, et que c'est aux entrepreneurs de trouver une façon d'attirer la clientèle.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Imposer un contingentement ou réglementer l'octroi de permis de restauration n'aiderait pas nécessairement la Grande Allée à foisonner. Tout comme la Ville de Québec, le restaurateur James Monti croit qu'il faut laisser le libre marché «équilibrer» les choses.

Les difficultés du Voo Doo Grill, révélées dans Le Soleil de lundi, ont une nouvelle fois braqué les projecteurs sur un débat bien connu à Québec : y a-t-il trop de restaurants?

Selon des chiffres compilés récemment par l'Association des restaurateurs du Québec (ARQ), il y a un restaurant pour 369 personnes dans la région de la capitale. C'est trop au goût de bien des entrepreneurs. C'est aussi un ratio plus élevé qu'à Montréal ou à New York.

Selon François Konitzer, l'un des copropriétaires du Voo Doo Grill, le maire de Québec, Régis Labeaume, devrait s'en mêler en limitant la délivrance de permis de restauration, ou en obligeant les restaurateurs à acquérir un permis déjà existant. Objectif : réduire l'offre qui a connu une hausse plus rapide que la croissance de la population (la demande).

La position de la Ville est claire à ce sujet : l'intervention n'est pas une option. Le maire l'a déjà affirmé devant les journalistes le 24 décembre. Et encore lundi, un porte-parole a répété cette même ligne au Soleil.

Du point de vue de James Monti, restaurateur de carrière connu, entre autres, pour avoir ouvert Le Savini sur Grande Allée - qu'il a depuis vendu -, l'industrie vit un cycle tout à fait normal, et des cas comme le Voo Doo Grill sont chose commune. «Il y en a toujours eu [des difficultés ou des fermetures] et il va y en avoir d'autres. Mais il y a des noms qui frappent plus que d'autres [...] J'ai moi-même fermé quelques restaurants. Je ne dis pas que je suis meilleur qu'un autre», a-t-il dit en entrevue au Soleil.

M. Monti a sourcillé lorsqu'il a lu les propositions de réglementation de M. Konitzer. Il estime, «en tout respect», que son collègue devrait chercher des explications à ses difficultés à l'interne plutôt que de montrer du doigt l'explosion du quartier Lebourgneuf ou de Sainte-Foy - et par le fait même du nombre de restaurants.

Pas une solution

«Ça peut être des arguments, mais ce ne sont pas des raisons. C'est à nous [comme restaurateurs] de voir ce qu'on peut faire pour être meilleurs [...] Légiférer, c'est la dernière chose que j'imagine. Le libre marché va faire son travail avec le temps. Sinon, on va réglementer parce qu'il y a trop de concessionnaires automobiles, etc.»

Il ne nie toutefois pas que l'industrie tourne au ralenti actuellement - l'ARQ parle d'une baisse des ventes d'environ 4 % en 2014 à la grandeur de la province. «Les consommateurs sont frileux ces temps-ci.»

L'ARQ explique cette diminution par le climat de morosité économique du Québec. Encore là, l'homme d'affaires parle d'un cycle, et soutient que la Grande Allée n'est pas un mauvais secteur pour s'établir, au contraire.

Quant à un contingentement des permis de restauration spécifique à l'artère de la haute ville, comme il en existe pour les rues Cartier, Saint-Louis, ainsi que pour le quartier du Petit Champlain, M. Monti n'y voit pas une solution. «La Grande Allée est à 100 % occupée par des bars, des restaurants ou des hôtels.»

Pour lui, la Grande Allée doit rester telle qu'elle est, et il revient aux entrepreneurs de se serrer les coudes, trouver une façon d'attirer la clientèle. «Vous êtes mieux d'en avoir plus [de restaurants] qui vont très bien. Quand on est seul, on n'est jamais très fort.»

Il projette finalement que le boum des quartiers Lebourgneuf et Sainte-Foy va ralentir. «Dans les années qui vont venir, il va y avoir beaucoup moins d'ouverture de restaurants.» Et entre-temps? «Le temps avec le libre marché va faire son oeuvre...», a-t-il répété.

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