Prix des aliments: plus cher pour la viande et les légumes

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Pour la prochaine année, le facteur le plus déterminant pour les prix alimentaires sera la valeur du dollar canadien.

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(Québec) Certains Québécois pourraient être forcés de modifier leur alimentation dès 2015. Pour une première fois en cinq ans, les prix de la viande et des légumes devraient connaître simultanément une hausse significative de 3 à 5 %, souligne le cinquième rapport annuel des prix alimentaires de l'Université de Guelph.

Selon le coauteur Sylvain Charlebois, cette hausse anticipée des prix de la viande et des légumes est une situation troublante. «En cinq ans, c'est la première fois qu'on s'attend à une hausse significative pour ces deux éléments qui sont assez importants dans la sécurisation nutritionnelle des ménages québécois et canadiens», affirme le professeur au Soleil. Il faut se demander si «nous avons encore une chance d'offrir une nutrition abordable et non juste un panier d'épicerie abordable; ce que l'on peut acheter et non pas juste la quantité. Les fruits et légumes sont aussi des produits importants.»

Selon les experts de l'Université de Guelph, la facture globale de la nourriture augmentera de 0,3 % à 2,4 % en 2015. En 2014, l'ensemble des prix alimentaires a augmenté de 2,8 % (mis à part le secteur de la restauration), tandis que ce dernier secteur voyait ses prix grimper de 2,2 %.

Mis à part pour la viande et les légumes, les amoureux de poissons et fruits de mer devront aussi puiser dans leur poche, les prix devraient bondir de 3 % à 5 %. Rien pour plaire aux amateurs de protéines animales, qui ont déjà connu au cours des 12 derniers mois une hausse importante de 12,4 % (viandes) et de 5,9 % (poissons).

Les principales raisons expliquant la hausse du prix de la viande en 2014? «Les inventaires du bouvillon d'abattage ont été éprouvés par des sécheresses, tandis que l'offre du porc fut réduite par l'impact de la diarrhée porcine qui a affecté plusieurs fermes à travers le continent», révèle le rapport. Au cours de la dernière année, le prix du bacon a augmenté de 25 %, tandis que celui du jambon, de 18 % et ce n'est peut-être pas encore terminé... «Les consommateurs canadiens devront se faire à l'idée qu'ils doivent désormais payer plus cher pour de la viande, du poisson ou d'autres sources de protéine animale», indique l'étude.

Pour 2015, le prix pour les produits laitiers et oeufs pourrait diminuer de 1 %. La hausse prévue pour les fruits et les noix est de 1 % à 3 % et de 0 % à 2 % pour les grains. Devant ces nouvelles hausses de prix, les distributeurs pourraient être tentés de diversifier leurs approvisionnements afin de diminuer les effets sur les consommateurs, estime M. Charlebois.

De plus, la réduction d'emballages est un phénomène qui se répand de plus en plus. Au lieu d'augmenter le prix des produits alimentaires, les manufacturiers et les distributeurs diminuent la quantité afin de laisser les prix unitaires intacts tout en diminuant le ratio quantité/prix. «Une réduction des quantités a été répertoriée avec le bacon, le yogourt, la confiture, les biscuits, le jus d'orange, le poisson et les conserves», selon le rapport.

«[Il faut se demander si] nous avons encore une chance d'offrir une nutrition abordable et non juste un panier d'épicerie abordable; ce que l'on peut acheter et non pas juste la quantité»

Sylvain Charlebois, coauteur du cinquième rapport annuel des prix alimentaires de l’Université de Guelph

Dollar canadien

Pour la prochaine année, le facteur le plus déterminant pour les prix alimentaires sera la valeur du dollar canadien. «Ça va beaucoup affecter l'importation des fruits et légumes», souligne M. Charlebois, avouant que l'augmentation des coûts d'importation va offrir aux producteurs locaux une meilleure place sur les marchés. «Dès que la marge entre les prix des produits importés et les prix des produits locaux diminuent, ça va nécessairement avantager les produits locaux. Ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle, mais les prix payés vont être plus chers pour les consommateurs. L'impact va être plus grand pour ceux qui ont des difficultés à joindre les deux bouts.»

Un autre facteur qui déterminera la hausse des prix est les changements climatiques. Les sécheresses et les inondations influent beaucoup sur les prix des intrants et entraînent souvent une flambée des prix à la consommation quelques mois plus tard selon la denrée affectée.

Prédictions de la hausse du coût des aliments en 2015

3 à 5%
Viande
3 à 5%
Poissons et fruits de mer
-1 à 1%
Produits laitiers
0 à 2%
Grains
1 à 3%
Fruits et noix
3 à 5%
Légumes
1 à 3%
Restauration
0,3 à 2,4%
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