Le Parlement examinera la spéculation agricole

Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles

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<p>Michel Corbeil</p>

(Québec) Les fonds d'investissement qui se portent acquéreurs des terres agricoles se retrouveront au coeur d'un examen parlementaire, en 2015.

Le Parti québécois (PQ) a annoncé que les formations politiques libérale et caquiste ont acquiescé à sa requête. Une commission parlementaire entendra ceux qui «sont touchés par la spéculation et l'achat de terres agricoles par des firmes d'investissement privées», a fait savoir le critique péquiste André Villeneuve.

La date pour les audiences n'est pas encore arrêtée. M. Villeneuve a aisément convenu que la question divise les trois partis.

Le PQ croit que la financiarisation des terres soulève «de grandes inquiétudes» chez les agriculteurs. La Coalition avenir Québec ne voit aucun problème, mais plutôt une solution en termes de financement additionnel pour le monde agricole, tandis que le Parti libéral du Québec se demande si la problématique existe.

La tenue de l'examen par les députés sera certainement bien accueillie par l'Union des producteurs agricoles. Mercredi, son président Marcel Groleau a soutenu que l'accaparement des terres par des investisseurs qui ne les cultivent pas pose particulièrement problème pour la relève agricole.

Prix à la hausse

Le prix des terrains grimpe à la faveur de la spéculation, a soutenu Marcel Groleau. «C'est le côté insidieux de la financiarisation» des terres.

En entrevue au Soleil, M. Groleau a plaidé qu'il a «de la misère à [s]'expliquer» que le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis ait soutenu récemment qu'il manque de données pour imposer un moratoire de trois ans sur l'achat de terres par des firmes d'investissement. «Le gouvernement dispose de tous les moyens pour aller chercher les informations.»

Celles-ci sont contenues dans les registres publics, celui sur les transactions foncières et celui sur l'enregistrement des compagnies, a fait savoir le leader de l'UPA et propriétaire d'une ferme laitière à Thetford. Le personnel de l'Union a d'ailleurs obtenu des chiffres qui sont inquiétants, selon M. Groleau.

De 2009 à 2014, 15 sociétés privées ont investi 139 millions $ pour acquérir 32 000 hectares. Le président a insisté sur le fait que ce n'est pas marginal.

La superficie sous contrôle de sociétés d'investissement compte pour 2 % de toute la zone cultivable au Québec, indiquent les données de l'UPA. Ce serait l'équivalent de 320 fermes de taille moyenne.

Marcel Groleau n'a pas voulu monter l'affaire en épingle lorsqu'il a croisé M. Paradis, conférencier au congrès que l'UPA a tenu, cette semaine, à Québec. Par contre, l'organisation qu'il dirige se chargera de lui transmettre les faits que son personnel a colligés.

Le ministre «nous a demandé de l'information, s'est-il contenté de dire. Nous allons la lui envoyer». Marcel Groleau s'est réjoui à tout le moins que Pierre Paradis «reconnaisse que le phénomène est inquiétant».

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