Sommet des coopératives: défis de taille pour nourrir 9 milliards d'humains

L'agriculture est responsable de 30 % des gaz... (Shutterstock, Orientaly)

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L'agriculture est responsable de 30 % des gaz à effet de serre. Elle tire 70 % de l'eau disponible pour assurer les productions. Elle fournit 40 % des emplois dans le monde.

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(Québec) Pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050, il faudrait produire autant de nourriture d'ici 40 ans que tout ce qui a été produit depuis 10 000 ans. Les défis pour y arriver sont nombreux pour assurer la sécurité alimentaire de la planète. Tous les pays devront sans faute aborder la situation avec une nouvelle vision de la production alimentaire.

Parmi les éléments dont il faudra tenir compte, il y a le fait que l'agriculture est responsable de 30 % des gaz à effet de serre. Elle tire 70 % de l'eau disponible pour assurer les productions. Elle fournit 40 % des emplois dans le monde. Et pendant ce temps, près d'un milliard de personnes souffrent de la faim. Sans oublier que les changements climatiques peuvent être catastrophiques pour plusieurs types de culture.

Ces constats dramatiques ont été exposés dans le rapport d'étude «Nouvelle vision de l'agriculture et nouveaux modèles d'action», dévoilé mardi au Sommet international des coopératives, par Lutz Goedde de la firme McKinsey & Company des États-Unis.

Cette nouvelle vision, avoue-t-il, passe non seulement par l'amélioration de la production, mais par la modification des infrastructures, la préservation des ressources naturelles comme l'eau, tout en diminuant les impacts environnementaux de la production agricole.

Selon M. Goedde, il faudra des outils technologiques, de l'innovation et des politiques globales pour arriver à résoudre le problème majeur qui se présente à la porte de l'humanité.

Accessibilité

Pour l'un des invités au débat, M. U. S. Awasthi, directeur général de l'Indian Farmers Fertilizer Cooperative en Inde, la technologie est essentielle pour apaiser la faim dans le monde, mais elle doit absolument être distribuée partout où les populations en ont besoin. Il est essentiel de protéger l'eau potable, affirme-t-il, mais il faut surtout fournir de la nourriture de bonne qualité à bon prix.

De son côté, Philippe Mangin, président de InVivo en France, soutient avec fermeté que les idées d'autosuffisance et de consommation des produits cultivés à côté des communautés de consommateurs sont le symbole d'un égoïsme incroyable et d'une inconséquence des politiques gouvernementales. Au contraire, il faut absolument mobiliser toutes les agricultures du monde pour résoudre le problème alimentaire et aider la relance de politiques agricoles dans les pays qui n'en ont pas, comme en Afrique.

Pire encore, il était évident à son avis que le libéralisme agricole produirait une spécialisation de l'agriculture nocive pour tous les marchés, car cela ne pouvait répondre à la vraie demande des populations.

Le défi de l'innovation est essentiel, dit-il, mais une politique de précaution comme celle adoptée en France a causé plus de problèmes que de solution, car cette politique a fait cesser les développements technologiques qui auraient pu être salutaires.

Lutz Goedde prenant la balle au bond a affirmé que dans la sécurité alimentaire les coopératives pourraient jouer un rôle majeur parce qu'elles peuvent créer un lien entre les producteurs et les consommateurs. Elles doivent jouer leur rôle des deux côtés de la clôture du système.

Pour M. Awasthi, les coopératives pourraient réduire les coûts en diminuant le nombre d'intermédiaires dans les chaînes d'approvisionnement contrôlées par des entreprises à capital-actions plus intéressées aux rendements offerts aux actionnaires qu'à faire cesser les problèmes de pénurie alimentaire.

Ce qui a fait dire à Philippe Mangin que les coopératives doivent s'internationaliser pour avoir la même influence que les grands consortiums internationaux privés. «Le modèle d'affaires des coopératives est rassurant, soutenait-il. Il assure la stabilité des emplois et la stabilité économique des régions où les coopératives sont implantées. Les coopératives sont des sources d'équilibre.»

Pour lui, l'internationalisation des coopératives permettra d'installer des usines de production proches des producteurs, comme en Afrique, au lieu d'envoyer la transformation des aliments sur d'autres continents. En parlant d'une seule voix, les coopératives dans l'agriculture et l'alimentation pourront renverser la vapeur et aider à nourrir la planète adéquatement.

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