Cassis Monna & filles entreprendra une expansion de 1,2 M$

Anne et Catherine Monna de la Maison Cassis... (Photos Le Soleil, Yan Doublet)

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Anne et Catherine Monna de la Maison Cassis Mona mettront en branle un important projet d'expansion de leurs installations situées à un jet de pierre du pont de l'Île-d'Orléans, dès l'automne, si tout va bien.

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(Québec) Au début des années 70, leur paternel, Bernard Monna, a façonné, petit à petit, l'entreprise de Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans. Guidées, elles aussi, par la prudence et par la sagesse dans la gestion des affaires familiales, Catherine et Anne ont su faire prendre un virage fructueux à la compagnie. En moins d'une décennie, le chiffre d'affaires de Cassis Monna & filles a grimpé de plus de 400 %.

Les deux soeurs sont maintenant prêtes à réaliser un pas de géant.

Dès l'automne, si tout va bien, elles mettront en branle un important projet d'expansion de leurs installations situées à un jet de pierre du pont de l'Île-d'Orléans. Un investissement de 1,2 million $. Les travaux devraient être terminés à temps pour le début de la saison touristique 2016.

«Nous allons quadrupler la superficie actuelle de nos installations afin d'être en mesure, au cours de nos prochaines années, de déployer notre stratégie de commercialisation», explique Catherine Monna. «Nous nous donnons les moyens de nos ambitions», renchérit Anne en tenant à préciser que les Monna - le père comme les filles - n'ont jamais eu l'habitude de tirer leur argent par les fenêtres. 

Ce projet, il mijote dans leur tête depuis longtemps. Elles ont tout calculé et tout recalculé.

Un peu comme le cassis à ce moment précis de l'année, le projet d'expansion est maintenant mûr et prêt à être mis en chantier.

De 35 000 à 40 000 visiteurs

C'est à son domaine, sur le chemin Royal, que Cassis Monna & filles vend principalement ses produits, dont la fameuse crème de cassis (qui vient tout juste de remporter une médaille d'argent à Londres à l'International Wine and Spirit Competition), les vins apéritifs et les divers produits transformés. «Nous valorisons la vente directe aux consommateurs», font remarquer Catherine et Anne Monna, qui tiennent à préserver la tradition. N'oublions pas qu'il passe un million de visiteurs par année à l'île d'Orléans, dont la moitié en juillet et en août. 

Or, le bâtiment principal, construit au début des années 90, vieillit. L'endroit est devenu trop étroit pour accueillir les 35 000 à 40 000 visiteurs qui s'y arrêtent chaque année. 

«Quand les gens finissent par trouver un stationnement, il arrive malheureusement trop souvent qu'ils tournent les talons parce que la boutique, le salon de dégustation et notre café-terrasse La Monnaguette sont bondés. Disons que ce n'est pas trop bon pour les affaires!» tranche Anne Monna.

Production à l'année

Le projet d'expansion permettra donc d'ajouter des espaces de stationnement et surtout d'agrandir et de rajeunir le look du bâtiment principal. La terrasse extérieure aura aussi fière allure, promettent les deux soeurs.  

«Nous travaillons en étroite collaboration avec la MRC de L'Île-D'Orléans pour faire en sorte que le bâtiment conserve son cachet patrimonial et qu'il s'intègre parfaitement à son environnement. Nous tenons à garder une ouverture sur le fleuve et sur le pont de l'Île. Nous voulons qu'il soit une sorte d'invitation à venir prendre un verre et à profiter d'un site enchanteur à la campagne», précise Catherine Monna.

Les activités de production seront déménagées dans la grange ancestrale - qui profitera, elle aussi, de la cure de rajeunissement - et dans un nouveau bâtiment construit derrière celle-ci.

L'entreprise souhaite produire 12 mois par année et non plus seulement durant la période estivale. La demande pour ses produits est en croissance. N'étant pas en mesure d'y répondre adéquatement, elle doit refuser des occasions d'affaires. Dans sa cuverie, la famille Monna n'a pas le moindre centimètre disponible pour recevoir de nouveaux équipements.    

Dans la grange ancestrale, les visiteurs pourront suivre les étapes de la transformation du cassis et de la mise en bouteille des produits. Une grande salle sera aménagée à l'étage pour y accueillir les groupes. Le centre d'interprétation de la liquoristerie y trouvera aussi sa place.

Tout ce remue-ménage s'impose, car les soeurs Monna ont beaucoup de projets dans leur besace. Comme une percée en Ontario par l'entremise du réseau de la LCBO. Ou l'introduction de leurs vins apéritifs dans les succursales de la Société des alcools du Québec. Ou une offensive au Japon où la demande pour les produits de cassis ne cesse de croître. Ou la fabrication de produits cosmétiques fabriqués à base de cassis. Ou encore la valorisation des résidus du petit fruit.

Une cinquième génération de liquoristes chez les Monna

Catherine Monna a commencé à épauler son père dans la gestion de l'entreprise en 2002. Elle a immédiatement laissé sa marque en inaugurant La Monnaguette, un café-terrasse offrant une vue splendide sur le fleuve et le pont de l'Île-d'Orléans.

L'année suivante, Anne la suivait. Cette dernière a fait des études en cinéma. Sa grande soeur, elle, avait choisi les arts visuels. En côtoyant leur paternel et en allant puiser des connaissances auprès d'experts, de coachs et d'une mentor, elles affirment être maintenant devenues des entrepreneures éclairées. «Nous sommes très gâtées. Nous avons une très belle qualité de vie, témoigne Anne Monna. Et nous le devons au pif de notre père qui, vers le début des années 70, est venu s'installer ici et y a découvert tout le potentiel agrotouristique.»

En 2005, Bernard Monna laissait les coudées franches à ses deux filles afin qu'elles prennent en main les commandes de l'entreprise familiale qui fait travailler une vingtaine de personnes au cours de la saison estivale.

Elles prennent rapidement le taureau par les cornes. L'entreprise s'appellera dorénavant Cassis Monna & filles. L'image de marque est dépoussiérée. De nouvelles étiquettes font leur apparition. De nouveaux produits transformés (gelée, sirop, confiture et moutarde) sont commercialisés.

«À l'époque, nous produisions 12 000 bouteilles d'alcool par année. Aujourd'hui, ce nombre a franchi le cap des 40 000», souligne Catherine. Les hectares en culture passent de 5 à 15. Ce printemps, il y a eu l'ajout de 13 000 plants qui produiront, dans trois ans, des fruits. La famille Monna collabore d'ailleurs avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec et l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement pour mettre au point des méthodes de plantation qui assureront de meilleurs rendements et qui seront évidemment respectueuses de l'environnement.

À l'automne, Catherine et Anne deviendront les propriétaires majoritaires de l'entreprise. Une cinquième génération de liquoristes prendra alors la relève chez les Monna. Avec leur père, les deux soeurs sont à terminer le délicat processus de transfert de propriété. Un exercice qui, heureusement, se déroule bien. Ce qui n'est pas toujours le cas lors d'un transfert d'actifs au sein d'une même famille. 

«Couper le cordon, ça fait mal. C'est sensible. C'est émotif», résume Catherine Monna.

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