L'utilité des OGM remise en question

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Le journaliste scientifique français Frédéric Denhez était l'invité du colloque Agriculture et OGM qui a réuni ces deux derniers jours à Drummondville des groupes qui ne s'assoient pas souvent à la même table, l'Ordre des agronomes, l'Union des producteurs agricoles (UPA), Équiterre et Vigilance OGM.

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(Drummondville) Malgré un énorme potentiel de développement, les organismes génétiquement modifiés (OGM) tels qu'on les connaît présentement en agriculture n'ont pas fait la preuve de leur utilité autrement que d'enrichir les grandes compagnies qui les commercialisent.

Le journaliste scientifique français Frédéric Denhez était l'invité du colloque Agriculture et OGM qui a réuni ces deux derniers jours à Drummondville des groupes qui ne s'assoient pas souvent à la même table, l'Ordre des agronomes, l'Union des producteurs agricoles (UPA), Équiterre et Vigilance OGM. Une rencontre qui a permis d'établir des consensus autour notamment de l'importance primordiale de protéger les agricultures conventionnelle et biologique à mesure que progressent les biotechnologies dans les champs.

Ces nouvelles technologies n'ont pas tenu leurs promesses. Alors qu'elles devaient révolutionner l'agronomie et aider les pays en développement, elles confortent plutôt une classe déjà bien installée de cultivateurs. Ironiquement, ceux-ci perdent en même temps le contrôle de leur travail au bénéfice des monopoles des semences, déplore Denhez, auteur de «OGM, le vrai du faux».

La liberté des agriculteurs d'avoir facilement accès à des semences conventionnelles ou biologiques certifiées et de cultiver à l'abri d'une contamination par des plantes OGM est l'enjeu principal identifié mardi par les participants. C'est toute la question du modèle agricole que l'on souhaite, ont dit plusieurs.

Frédéric Denhez a aussi insisté sur les pouvoirs énormes que confèrent les brevets aux compagnies comme Monsanto qui peuvent débarquer dans n'importe quel champ et poursuivre en cour des agriculteurs qui se sont retrouvés par accident avec des semences brevetées dans leurs champs.

Toutes les agricultures doivent cohabiter, mais avec les systèmes des brevets et l'agressivité des Monsanto de ce monde, elles auront de la difficulté à y parvenir, croit-il.

Méconnaissance

Le colloque a aussi fait ressortir le manque criant d'information «neutre» auquel sont confrontés les citoyens. Dès le départ, le débat sur les OGM, commercialisés au Canada depuis 1995, a été polarisé entre les promoteurs et les militants anti-OGM, déplore France Brunelle, conseillère scientifique en biotechnologies au ministère québécois de l'Agriculture (MAPAQ).

«C'est une technologie, pas une philosophie ni une idéologie», plaide celle qui estime que chaque culture génétiquement modifiée doit être jugée en fonction de ses avantages et ses inconvénients.

Des sondages présentés par Élisabeth Abergel, de l'Université du Québec à Montréal, ont d'ailleurs démontré l'ignorance totale des consommateurs sur ce que sont les OGM. La forte demande en faveur d'un étiquetage obligatoire des aliments OGM n'est selon elle que la pointe de l'iceberg du besoin d'information. Il faut des études scientifiques indépendantes et des processus d'approbation plus transparents, dit-elle.

Marcel Groleau, président de l'UPA, se réjouit de la discussion sereine qui s'est ouverte mardi entre des groupes qui sont plus souvent opposés idéologiquement sur cette question. «On a voulu ouvrir un dialogue sur le partage harmonieux et respectueux du territoire entre ceux qui cultivent des OGM et les agriculteurs conventionnels et biologiques. Aussi, on a voulu ouvrir pour savoir où se situent les consommateurs, l'industrie et le gouvernement par rapport à ces enjeux.»

Une première réussie, selon lui.

*****

Le soya du Québec fait fureur... au Japon

Le Québec est un joueur important dans le marché du soya non génétiquement modifié... mais ce ne sont pas les Québécois qui en profitent!

Seul représentant de l'industrie privée au colloque sur l'agriculture et les OGM, Alain Létourneau, pdg de la compagnie productrice de semences Prograin, croit que l'industrie des biotechnologies a en contrepartie permis de développer un marché conventionnel rentable. 

Son entreprise produit en effet des semences de soya certifiées non OGM très prisées... des Japonais et des Européens. Les Québécois mangent entre

1000 et 2000 tonnes de soya par année et Prograin en commercialise 70 000 tonnes. C'est dire à quel point la capacité de production dépasse la consommation interne. «On ne mange pas assez de tofu et on ne boit pas assez de boissons au soya», constate M. Létourneau.

Le plus ironique dans tout ça, c'est que le soya qui reste au Québec est celui qui a été génétiquement modifié!

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