Pas de maïs sucré GM québécois cette année

André Plante, directeur général de l'Association des jardiniers... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

André Plante, directeur général de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec (AJMQ), est formel : les producteurs de maïs sucré ont renoncé cette année à offrir des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Les Québécois pourront faire cette année leurs épluchettes de blé d'Inde sans avoir à se demander si leurs épis ont été génétiquement modifiés (GM). Après avoir tenté une timide incursion sur le marché en 2012, les producteurs québécois de maïs sucré ont retraité devant les réactions négatives des consommateurs.

André Plante, directeur général de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec (AJMQ), est formel : les producteurs de maïs sucré ont renoncé cette année à offrir des organismes génétiquement modifiés (OGM).

«On a vérifié, et il n'y a eu aucune commande de semences. Personne ne veut toucher à ça pour l'instant, l'opinion publique l'a trop mal perçu et la recherche n'est pas assez claire que c'est sans risque.»

Ce sont les semenciers qui informent l'organisation. «Ils nous le disent s'il y en a, sans nous donner de noms», souligne M. Plante.

L'an dernier, Le Soleil avait révélé que trois variétés de maïs GM de la compagnie Monsanto avaient été vendues pour la première fois au Québec; toutes avaient pour caractéristique de résister à divers ravageurs, dont la pyrale du maïs.

La réaction avait été vive chez les opposants aux OGM, et la demande pour un étiquetage obligatoire pour permettre aux consommateurs de choisir ce qu'ils mettent dans leur assiette avait resurgi avec force.

Le fait qu'il s'agisse du premier aliment GM destiné directement à l'alimentation humaine touchait une corde particulièrement sensible. Jusqu'alors, les OGM mis sur le marché canadien étaient destinés à l'alimentation animale ou à la transformation. La majeure partie du maïs grain (destiné au bétail), du soja et du canola produits au pays ont en effet été modifiés pour résister à divers pesticides, si bien que la viande que nous mangeons provient souvent d'animaux qui en ont mangé (à l'exception de la viande biologique). Il en va de même pour bien des huiles alimentaires.

Ainsi que le dit Thibault Rehn, porte-parole du regroupement Vigilance OGM, «c'est plus caché et indirect, mais c'est vrai que ça choque plus quand c'est directement pour l'alimentation humaine».

Appel aux producteurs

Vigilance OGM avait lancé l'an dernier un appel aux producteurs pour leur demander de ne pas en semer. Des tests aléatoires avaient été faits dans trois villes à la fin de l'été, mais n'avaient pas permis d'en trouver.

On sait également que les grandes chaînes de détaillants avaient passé en douce le message à leurs fournisseurs pour s'assurer qu'ils livraient bien du maïs conventionnel. Cette semaine, un producteur confirmait au Soleil avoir reçu un nouvel appel en ce sens cette année. Aux États-Unis, la culture de maïs GM est autorisée. Selon un article publié en 2010 par la Fédération des producteurs maraîchers, 25 % du maïs sucré cultivé sur la côte est des États-Unis est GM. En l'absence d'étiquetage, il demeure impossible de savoir s'il s'en trouve sur nos étalages.

Thibault Rehn se réjouissait néanmoins mardi d'apprendre que les producteurs québécois y ont renoncé, ce qui montre selon lui que les pressions portent leurs fruits.

Un sondage publié en juillet 2012 révélait que 91 % des Canadiens sont pour l'étiquetage obligatoire.

Des zucchinis modifiés?

Des producteurs québécois pourraient-ils cultiver des zucchinis génétiquement modifiés «en cachette»? André Plante, directeur général de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec, espère que ce ne sera pas le cas. Les États-Unis l'autorisent, mais pas le Canada, dit M. Plante. La variété GM est plus verte et résiste mieux aux égratignures. «Si on a un été difficile ici et que les [consommateurs] comparent, des producteurs seront peut-être tentés», dit-il. Le problème, encore une fois, c'est qu'une grande partie des courges importées des États-Unis sont GM sans que les consommateurs aient les moyens de le savoir...

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer