Agriculture urbaine: l'UPA Rive-Nord veut rallier Labeaume à sa cause

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Le nouveau rôle d'évaluation a fait exploser le compte de taxes des deux propriétaires qui ont refusé de vendre leurs terres agricoles dans le secteur de Beauport.

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(Québec) L'UPA Rive-Nord souhaite convaincre le maire de Québec de se battre à ses côtés pour faire modifier les règles qui nuisent à l'agriculture urbaine ou périurbaine. «S'il veut faire un pas, on a le poulain pour faire la course», croit la présidente de la fédération agricole régionale, qui a écrit mardi à Régis Labeaume pour solliciter une rencontre.

Jacynthe Gagnon refuse de s'arrêter aux propos assez durs tenus la semaine dernière par M. Labeaume à l'endroit de deux propriétaires agricoles de la rue du Vignoble qui dénonçaient la hausse vertigineuse de leurs comptes de taxes. Son commentaire «C'est la vie» a notamment choqué de nombreuses personnes. Le maire s'en est d'ailleurs excusé lundi soir.

«Pour l'instant, je donne la chance au coureur», dit Mme Gagnon, qui préfère miser sur l'engagement de M. Labeaume en faveur de l'élaboration du plan de développement de la zone agricole (PDZA) amorcée depuis quelques mois.

Mme Gagnon croit qu'il faudra beaucoup de courage politique pour réviser les règles de taxation des producteurs agricoles, une question qui relève du gouvernement. Pour mener cette lutte, elle compte d'ailleurs sur le palier provincial de l'Union des producteurs agricoles. Mais la mobilisation doit aussi venir des régions, car la pression de l'urbanisation se fait sentir partout, dit-elle.

La rue du Vignoble, située à cheval sur les anciennes villes de Beauport et Charlesbourg, en est une belle illustration. Bien que ce secteur encerclé par la ville soit toujours zoné agricole, un promoteur immobilier y a acheté plusieurs terres ces dernières années pour une somme totale de 15 millions $, soit plus de 15 fois leur valeur municipale. Conséquence, le nouveau rôle d'évaluation a fait exploser le compte de taxes, lequel vient égorger les deux seuls propriétaires qui ont refusé de vendre. Pour l'un, il s'agit d'un homme de 94 ans souhaitant terminer ses jours sur sa terre, pour l'autre une famille de deux frères et une soeur qui exploitent une ferme appartenant à leur famille depuis près de 350 ans.

«On dit qu'on veut développer l'agriculture urbaine et les circuits courts, mais quand on égorge les producteurs avec leur compte de taxes, on est en porte-à-faux», dit Mme Gagnon.

Alors qu'une politique de souveraineté alimentaire est sur le point d'être déposée, il importe de revoir la fiscalité municipale, et le maire Labeaume peut contribuer à faire avancer ce débat, croit-elle.

Plan de développement

La Communauté métropolitaine de Québec a reçu il y a un an une aide de 240 000 $ du ministère des Affaires municipales pour l'élaboration d'un plan de développement de la zone agricole (PDZA) dans chacune de ses cinq MRC, dont Québec.

Les PDZA visent notamment à mettre en valeur les entreprises agricoles et leurs produits et à accroître ou diversifier les productions. Des comités rassemblant des gens de divers horizon, Union des producteurs agricoles, municipalités, groupes environnementaux et autres, se penchent sur la situation de chaque territoire et feront des recommandations.

Christine Gingras, agronome de Nature Québec et membre du Réseau pour l'agriculture urbaine de Québec, fait partie d'un comité. À son avis, les propos tenus par M. Labeaume la semaine dernière sont susceptibles d'inquiéter le milieu agricole. Certains pourraient penser que la Ville a déjà fait son nid dans ce secteur, au détriment des recommandations à venir, croit Mme Gingras, qui estime que l'agriculture à proximité des milieux urbains est «une valeur à explorer et à exploiter».

Jacynthe Gagnon rappelle pour sa part que même si l'administration municipale a déjà exprimé son intérêt pour le développement du secteur de la rue du Vignoble, elle devra néanmoins se soumettre aux décisions de la Commission de protection du territoire agricole. Et avant qu'un dézonage ne soit possible, dit-elle, la Communauté métropolitaine devra faire la démonstration que tout le territoire disponible hors de la zone agricole a été développé.

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