Les fruits de la Basse-Côte-Nord offerts aux gens du «Sud»

Les petits fruits de la Basse-Côte-Nord, dont la... (Photo fournie par Biopterre)

Agrandir

Les petits fruits de la Basse-Côte-Nord, dont la chicoutai, seront disponibles en milieu urbain dans les environs de la Saint-Valentin.

Photo fournie par Biopterre

Partager

Sur le même thème

(Québec) Le jardin de la Basse-Côte-Nord s'ouvre au reste du Québec. De nouveaux produits élaborés avec les petits fruits qui abondent dans ces immenses terres situées aux confins de la province feront bientôt leur apparition dans les épiceries fines des villes du «Sud», sous la marque Chicoutai & Cie. Du même coup, c'est une nouvelle perspective de développement qui s'offrira à ces populations isolées.

Ceux qui ont déjà exploré cette région durant l'été savent qu'elle regorge d'un trésor inexploité, sur le plan commercial s'entend. Car ses habitants, eux, y puisent abondamment depuis la nuit des temps. Mais le temps du «partage» est arrivé.

Les premières pâtes de fruits et purées préparées par la Coopérative de solidarité des bioproduits de la Basse-Côte-Nord ont été commercialisées en quantités limitées l'an dernier, à Montréal et à Québec principalement. Il s'agissait d'un premier test, pour tâter le marché. L'année 2013 sera déterminante : une nouvelle production est en cours dans le petit village de Vieux-Fort, et les premiers arrivages devraient se faire autour de la Saint-Valentin, indique Maxim Tardif, chargé de projet chez Biopterre, à La Pocatière, qui a soutenu la démarche depuis le début.

Créer et mettre en marché un nouveau produit en ville est en soi un petit défi. Le faire loin de toute organisation structurée, là où la route n'est même pas reliée au reste du continent, représente un tour de force.

La pêche ne permettant plus de faire vivre la population, il fallait trouver de nouvelles ressources à exploiter. C'est l'organisation communautaire anglophone Coasters qui a communiqué avec Biopterre pour évaluer le potentiel de commercialisation des petites baies. La démarche est de longue haleine. Un premier repérage en 2006, suivi d'un inventaire et de l'identification des possibilités offertes par les différentes variétés les deux années suivantes, a permis de retenir cinq fruits inconnus de la plupart des Québécois : la chicoutai, l'airelle canneberge, l'airelle vigne d'Ida, la camarine noire et la viorne comestible.

Par la suite, Biopterre, un centre collégial de transfert de technologie rattaché au Cégep de La Pocatière et à l'Institut de technologie agricole, a élaboré huit gammes de produits : les pâtes de fruits, purées, sirops, sorbets, beurres, agents de remplissage, chocolats et les «cuirs» (roll up), pour retenir finalement ceux qui ont le meilleur potentiel de rentabilité. Car aussi succulents soient-ils, il faut pouvoir les vendre, l'objectif étant de fournir du travail aux populations de Bonne-Espérance, une localité située à l'est de Blanc-Sablon et englobant les villages de Vieux-Fort, de Rivière-Saint-Paul et de Middle Bay.

La première production s'est faite l'an dernier à La Pocatière avec le soutien du Centre de développement bioalimentaire du Québec. «La grande victoire», de dire Maxim Tardif, est qu'elle se fait maintenant sur place, à Vieux-Fort. La récolte des fruits est passée de trois tonnes la première année à près de huit tonnes en 2012. Entre 50 et 100 cueilleurs y ont participé. «Les gens en cueillent pour eux, et quand leur congélateur est rempli, ils vendent l'excédent à la coop.»

Les cuisines sont encore artisanales, mais une petite usine devrait être érigée l'an prochain et d'autres villages pourraient être appelés à y contribuer.

Tout ce montage a demandé beaucoup de détermination, explique M. Tardif. Un soutien financier de 100 000 $ par année pendant cinq ans est venu du programme des laboratoires ruraux du gouvernement (MAMROT). D'autres organisations ont contribué, mais le projet a encore besoin d'argent. Les promoteurs espèrent qu'il s'autofinancera à partir de 2014.

Les futurs points de vente sont encore inconnus. Éventuellement, note M. Tardif, ils seront inscrits sur le site Internet - encore à venir lui aussi - de la Coopérative de solidarité des bioproduits de la Basse-Côte-Nord.

En cette presque veille de Noël, Le Soleil n'a pu joindre les représentants de la coopérative sur place.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer