Expo Québec abandonne le concours de jugement d'animaux

Le concours provincial de jugement d'animaux qui se... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le concours provincial de jugement d'animaux qui se tient chaque année à Expo Québec est l'aboutissement de 34 expositions régionales. Quelque 1500 têtes de diverses espèces et races y figurent. C'est à cette occasion que sont consacrés les champions québécois qui vont ensuite défiler aux États-Unis ou à Toronto.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Adieu veaux, vaches, cochons, couvée. Pour son 101e anniversaire, Expo Québec change radicalement de visage et abandonne la majeure partie de son secteur agricole pour faire place à de nouvelles activités. La grande finale provinciale des jugements d'animaux, longtemps «l'âme» de l'exposition, doit se trouver un autre toit.

L'information publiée jeudi par la Terre de chez nous, le journal de l'Union des producteurs agricoles, a été confirmée au Soleil par le président de l'Association des expositions agricoles du Québec, Romuald Saint-Pierre, et par le président d'ExpoCité, le conseiller municipal Richard Côté. Déception d'un côté, pragmatisme de l'autre.

L'argument principal justifiant la fin de cette tradition : une trop faible assistance par rapport aux coûts. M. Côté évalue ceux-ci à environ 1 million $, dont la moitié est assumée par la Ville. La tentative d'obtenir plus de soutien des gouvernements provincial et fédéral a échoué.

Le concours provincial qui se tient chaque année à Expo Québec est l'aboutissement de 34 expositions régionales. Quelque 1500 têtes de diverses espèces et races y figurent. C'est à cette occasion que sont consacrés les champions québécois qui vont ensuite défiler sur les plus grands plateaux, aux États-Unis ou à Toronto. Ils sont la carte de visite de l'industrie des semences de reproduction. Présentement, trois des quatre premières vaches au monde sont québécoises et valent plus de 500 000 $ chacune.

Richard Côté est sensible à ces arguments. Il s'agit d'une importante activité économique pour le milieu, dit-il lors d'un entretien téléphonique, mais elle n'attire pas le grand public.

Plus globalement, l'évacuation du secteur agricole s'inscrit dans un grand remue-ménage à venir de toute l'exposition. Depuis quelques années, dit M. Côté, les chiffres révèlent une baisse d'achalandage. Des sondages auprès des exposants et des visiteurs ciblent le manque d'activités nouvelles comme source de démotivation.

En 2012, la fréquentation de chaque activité a été comptabilisée et «la plus grande foire agricole de l'est du Canada» n'a pas résisté à l'examen. Les belles vaches aux yeux humides et les taureaux bien virils n'attirent pas les foules. M. Côté dit avoir lui-même compté trois spectateurs lors d'une finale.

C'est tout le contraire de la fermette qui fait courir les jeunes familles. «Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, une vache à 10 000 $ ou une vache à 500 000 $, ça ne fait pas une grande différence», dit-il. Cette activité et le secteur de l'agroalimentaire, également très populaire, sont donc là pour rester.

Si aucune autre solution n'est trouvée pour le concours d'animaux en 2013, la Ville se dit prête à offrir le site immédiatement après la tenue d'Expo Québec, le temps d'organiser une transition.

Déception

Le président de l'Association des expositions agricoles, Romuald Saint-Pierre, est plus que déçu de la décision d'ExpoCité. Le concours provincial se tiendra, dit-il. Mais où? Quand? Comment? Ça reste à déterminer. Il comprend qu'une programmation puisse être réévaluée, mais a l'impression «qu'on jette le bébé avec l'eau du bain». Et surtout, dit-il, le milieu agricole perd une belle vitrine auprès des urbains, une occasion de sensibiliser les consommateurs à la provenance de leur nourriture.

«On est très déçu de la décision», indique pour sa part Maxime Couture, attaché de presse du ministre de l'Agriculture François Gendron. Il assure que le ministère donnera tout son appui pour réorganiser le concours.

Selon Richard Côté, d'autres activités de moindre importance sont appelées à disparaître de la grande fête foraine annuelle. Les organisations ont été prévenues, dit-il, mais il souhaite leur laisser le temps de se réorganiser avant de dire lesquelles.

Des ententes sont déjà prises pour l'occupation du Pavillon de la jeunesse, où se trouvaient les animaux, avec de nouveaux promoteurs. En bon politicien, Richard Côté réserve ses annonces pour une future conférence de presse, lorsque la programmation complète sera attachée.

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