OGM: l'approbation de nouvelles variétés de maïs et de soya dénoncée

Le chercheur français Gilles-Éric Séralini a utilisé des... (Photo: Reuters)

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Le chercheur français Gilles-Éric Séralini a utilisé des semences de maïs génétiquement modifiées provenant du Canada lors d'une récente étude visant à démontrer la toxicité des éléments génétiquement modifiés. Pour une raison inconnue, il tait l'origine exacte de ces semences.

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(Québec) Plusieurs organisations environnementales canadiennes se sont élevées lundi contre la décision récente du fédéral d'approuver de nouvelles variétés de maïs et de soya, modifiés génétiquement pour résister à un pesticide nommé 2,4-D. Celui-ci, font-elles valoir, poserait des risques pour l'environnement et la santé.

«On aimerait bien qu'il revienne sur sa décision, mais on ne sent pas beaucoup d'écoute de la part du fédéral. Alors c'est plus pour faire de la sensibilisation qu'on fait cette sortie», a indiqué l'agronome de Nature Québec Christine Gingras, dont l'organisme demande l'étiquetage et un moratoire sur l'homologation de nouveaux OGM, le temps de tenir un débat public sur leur utilisation.

À l'heure actuelle, la majorité des champs de maïs et de soya au Canada sont des cultivars auxquels on a ajouté un gène d'origine bactérienne, lequel a pour effet de neutraliser un herbicide nommé glyphosate. Les fermiers qui en cultivent peuvent donc éradiquer facilement les mauvaises herbes sans nuire à leurs récoltes. Cependant, quelques espèces sauvages ont développé, ces dernières années, une résistance au glyphosate, et l'industrie cherche des produits de remplacement.

D'où l'intérêt pour le 2,4-D, ou «acide (2,4-dichlorophénoxy) acétique», un herbicide connu depuis longtemps - depuis l'Agent orange, en fait, dont il était un des ingrédients -, qui s'attaque aux plantes faisant des feuilles larges. Santé Canada et l'Agence canadienne d'inspection des aliments ont approuvé en octobre des cultivars de maïs et de soya résistants au 2,4-D, développés par la multinationale Dow, quelques mois après que les autorités américaines eurent fait de même.

Pour Mme Gingras, c'est une triste boucle qui vient de se boucler. «Quand on a commencé à faire de l'agriculture avec des OGM, on nous disait que ça permettrait d'utiliser des pesticides moins toxiques [le glyphosate l'est relativement peu, ndlr] que les anciens pesticides, dont le 2,4-D fait partie!»

Cancérigène

Le communiqué de presse diffusé lundi, cosigné par Nature Québec, Équiterre, Vigilance OGM, le Réseau canadien d'action sur les biotechnologies, l'Association canadienne des médecins pour l'environnement et Prevent Cancer Now, mentionne également des risques pour la santé, alléguant plusieurs fois que le 2,4-D serait cancérigène. Notons toutefois à ce sujet que plusieurs instances, dont Santé Canada, l'Institut national de la Santé publique et le ministère américain de l'Environnement (EPA), ont révisé récemment les données scientifiques sur cette question et ont conclu que rien ne permet de l'affirmer. D'autres effets demeurent tout de même possibles, le 2,4-D étant soupçonné d'être un perturbateur endocrinien et de nuire à la fertilité - mais seulement à des doses que les autorités jugent impossibles à atteindre si l'herbicide est utilisé dans les règles de l'art.

La militante et biochimiste Meg Sears, de Prevent Cancer Now, persiste toutefois à croire que Santé Canada sous-estime les dangers du 2,4-D, molécule qui peut se présenter sous plusieurs formes n'ayant pas toutes les mêmes effets sur la santé. Et puis, dit-elle, «le 2,4-D voyage beaucoup, il se vaporise facilement, alors il n'y a personne qui n'y est pas exposé», ce qui expliquerait pourquoi la recherche scientifique ne lui a trouvé que des effets faibles ou nuls.

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