Les présentoirs du commerce de quelque 340 mètres carrés sont tapissés de petites affiches annonçant 20 % de rabais sur toute la marchandise pour cause de fermeture. «Nous serons heureux de vous rencontrer de nouveau dans un tout nouvel environnement contemporain adapté en fonction de nos nouvelles opérations en juin 2013 pour un autre 108 ans de tradition», est-il écrit sur l'une d'elles. La boutique rouvrira donc ses portes au printemps prochain.
Le propriétaire, l'avocat Luc Massicotte, raconte qu'il planifiait fermer seulement le 31 décembre. Mais les pressions du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, qui lui exigeait d'entreprendre des travaux à la suite d'un rappel de jambon contaminé, l'ont forcé à agir plus vite. C'est donc à moins de 72 heures d'avis que la décision de fermer a été prise.
Quand il a acheté la boucherie, en 2010, M. Massicotte savait très bien que la bâtisse se trouvait «en piteux état». Mais il s'est vite rendu compte que de simples rénovations ne suffiraient pas. La présence d'amiante dans les murs et d'autres «contraintes très coûteuses» l'ont amené à considérer une nouvelle construction.
Des esquisses ont été présentées au Comité consultatif d'urbanisme de la Ville. Celui-ci aurait bien accueilli le projet, mais il reste encore quelques détails à fignoler avant de dire que M. Massicotte peut aller de l'avant avec la démolition.
À l'étage se trouve actuellement une usine de transformation destinée au marché des grossistes. Le projet prévoit son déménagement dans des locaux plus adéquats, possiblement dans le parc industriel Saint-Malo, pour augmenter la production et laisser la place à... des condos.
Luc Massicotte tient à rassurer sa clientèle sur la nouvelle vocation de l'édifice du 500, rue Saint-Jean. Il garantit que la population retrouvera d'ici huit mois sa «bonne vieille boucherie d'antan», avec sa viande de qualité et, surtout, son jambon fumé artisanal. Mais il se réserve aussi quelques nouveautés, comme celle d'élargir son offre en créant un rayon pour la rôtisserie et peut-être même une poissonnerie.
D'ici là, il sera toujours possible de se procurer les produits W.E. Bégin dans une vingtaine de supermarchés de la région de Québec.