Devant un parterre d'étudiants en agriculture participant au colloque 100 % relève à l'Université Laval, cinq jeunes producteurs sont venus témoigner des défis qu'ils ont dû et doivent encore relever pour donner vie à leur rêve.
Si tous se sont entendus pour dire à quel point un tel projet nécessitait ténacité et passion, l'un d'eux a aussi quelque peu «dégonflé la balloune» de la supposée facilité qui accompagnerait le transfert progressif d'une ferme familiale.
Devenu associé de ses parents, le jeune homme a fait part des tensions qui découlent de la confrontation des points de vue. Entre l'expérience des années et les connaissances acquises à l'école, il y a parfois de profondes divergences, dit-il. Pour lui, le côté humain aura été le plus grand défi à relever.
Comme dans bien d'autres métiers, l'importance d'évoluer avec les nouvelles technologies est essentielle. Car contrairement à ce que les urbains pourraient penser, l'agriculture est l'un des secteurs où elles sont les plus présentes. Mais les avantages sont multiples, disent ces jeunes qui sont nés dedans, allant de l'amélioration de la productivité à la diminution de l'effort physique, ce qui entre autres ouvre de nouvelles perspectives aux femmes.
Avoir un conjoint compréhensif (lorsqu'on en trouve un!), qui accepte que l'on travaille sept jours par semaine, est aussi un atout. Pour l'un, partager le travail de la ferme avec sa conjointe est un bénéfice supplémentaire, alors qu'un autre a dit apprécier que sa blonde travaille dans un autre domaine, histoire d'avoir autre chose à se raconter sur l'oreiller...
Demandes au gouvernement
En campagne électorale, le Parti québécois a promis d'augmenter de 20 millions $ l'aide à la relève agricole. Ce que veulent les jeunes? De meilleures mesures fiscales qui fassent en sorte qu'il ne soit pas plus payant de démanteler une ferme que de la vendre, a répondu Alain Audet, président de la Fédération de la relève agricole.
Le Québec a une belle diversité de produits à offrir, et qui plus est des produits de qualité. Il faut continuer de sensibiliser les consommateurs pour qu'ils en achètent, a-t-il aussi été mentionné.