Au Château Blanc de Rimouski, la récolte a atteint les 36 000 livres (16 300 kilos) comparativement à 13 000 livres (6900 kilos) en 2011 et de 22 000 à 25 000 livres (11 350 kilos) en moyenne ces dernières années.
«Il y a aussi eu en 2010 une très bonne année. Mais l'année 2011 a été la pire en 20 ans où nous avons dû puiser dans nos réserves. En région, nous produisons plus de miel par ruche à cause d'une plus grande biodiversité», explique Mireille Lechasseur, du Château Blanc de Rimouski, un lieu qui exploite de 300 à 350 ruches.
La production de miel est aussi influencée par la diversité des fleurs sauvages, des coupes de fourrage et des activités agricoles. «On manque de fermes laitières, qui fait que nous avons moins de champs de trèfles et de luzerne. On est aussi dépendant de leur pratique culturale, même s'ils doivent enlever les mauvaises herbes dans leurs champs. Quand quelqu'un vient mettre des ruches près des nôtres, notre rendement baisse.»
Dans l'ensemble du Québec, la récolte a plutôt été en dents de scie, selon les régions. «La récolte a été inégale et sous la moyenne surtout dans l'ouest du Québec à cause de la sécheresse. Les producteurs se sont rendu compte qu'il y avait beaucoup de parasites à la fin de la saison.
On ne sait pas dans quelle mesure ça les affectera. La récolte a été bonne à partir de Québec vers l'est et la Côte-Nord, qui ont eu un été plus chaud que la normale, mais moins sec qu'ailleurs», souligne Christine Jean, secrétaire générale de la Fédération des apiculteurs du Québec.
Un ennemi: le varroa
Même si les ruches débordent d'abeilles, rien ne garantit une situation comparable au cours des prochaines saisons. La santé de l'abeille est affectée par plusieurs facteurs en interaction : les maladies, les parasites (varroa), l'environnement, l'utilisation de certains pesticides et des pratiques apicoles parfois mal adaptées.
En 30 ans, le nombre de ruches exploitées est passé de 80 000 à 35 000. Le Québec produit entre 25% à 40% de sa consommation annuelle. La production québécoise a été en moyenne de 1305,5 tonnes métriques entre 2006-2010, ce qui représente 3% de la production canadienne et 25% de la demande québécoise. La valeur de la production québécoise est de 8,5 millions$ pour plus de 41 000 ruches. La consommation de miel au Québec est de 1,05 kg par personne.
Environ 40% des produits alimentaires contenus dans notre assiette au Québec provient indirectement ou directement du travail des abeilles par la pollinisation des fruits, des légumes et d'autres plantes.