Les coopératives agricoles à l'avant-scène pour nourrir la planète

Le Sommet international des coopératives en cours à... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Le Sommet international des coopératives en cours à Québec a offert mercredi une tribune de choix au secteur de l'agroalimentaire et à son immense potentiel.

Le Soleil, Erick Labbé

Partager

Sur le même thème

(Québec) Qu'elles soient petites ou gigantesques, les coopératives occupent une place stratégique dans l'alimentation planétaire, alors qu'elles fournissent la moitié de la production agricole. Ancrées dans une vision de long terme, elles sont un outil privilégié pour répondre aux besoins futurs d'une population qui s'élèvera à neuf milliards d'habitants en 2050.

Le Sommet international des coopératives en cours à Québec a offert mercredi une tribune de choix au secteur de l'agroalimentaire et à son immense potentiel.

Au Guatemala, la coopérative Fedecovera est devenue en une vingtaine d'années le plus gros producteur mondial de cardamome et a enregistré une croissance de 9000 % depuis ses débuts, témoignait ainsi son directeur général, Leonardo Delgado.

En Inde, la création en 1946 de ce qui est devenu la plus grosse coopérative laitière d'Asie a permis d'assurer la survie de millions de paysans, qui se partagent 80 % des profits de l'entreprise et consacrent le reste à son développement technologique et à des projets sociaux dans les villages où elle est présente.

Car, faut-il le rappeler, la distribution équitable de la ressource est l'une des valeurs fondamentales du coopératisme, mentionnait le chercheur Vrajlal Sapovadia. N'empêche, pour Yves Pelle, de PricewaterhouseCoopers, en France, les coopératives agricoles sont à la croisée des chemins. Tout en conservant les principes qui les caractérisent, elles doivent selon lui emprunter au modèle économique privé et intégrer la gestion du risque à leur fonctionnement.

Défis

La forte compétitivité mondiale, la libéralisation des marchés, la difficulté d'accéder aux capitaux sont autant de défis justifiant selon lui une plus grande concentration et une internationalisation de leurs pratiques. Elles doivent aussi regrouper leurs moyens en matière de recherche et développement pour faire face aux géants multinationaux, dit-il.

Les propos de M. Pelle ont eu l'heur de faire réagir un participant de la salle, l'ancien président de la CSN Gérald Larose, surpris de cette invitation à suivre la «logique infernale» du modèle capitaliste. Les coopératives agricoles sont porteuses d'une finalité sociale, en l'occurrence nourrir les populations, et c'est cette finalité qui doit orienter le débat sur leur avenir, croit-il.

Animateur du panel, le chef de la direction de la Coop fédérée, Claude Lafleur, a pour sa part fait remarquer qu'au Québec, l'idée de souveraineté alimentaire était passée en quelques décennies de «projet national», c'est-à-dire porté par l'État, à «projet d'entreprises». Selon lui, les coopératives sont importantes, car elles permettent de véhiculer d'autres valeurs.

Terres

Finalement, une participante a souligné qu'il existe 120 fonds dans le monde ayant pour unique but d'acquérir des terres agricoles, et qu'il est temps que les coopératives et les agriculteurs s'unissent pour éviter que le capitalisme ne détruise la capacité de nous nourrir. Des propos qui lui ont valu des applaudissements de la salle.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer