Bécancour aura son usine d'engrais en 2017

Denis Richard, à gauche, président de la Coop... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Denis Richard, à gauche, président de la Coop fédérée, et le Dr U.S. Awasthi, de l'Indian Farmers Fertiliser Cooperative (IFFCO)

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Un projet d'usine de 1,2 milliard $ à Bécancour pourrait venir compenser en partie les pertes d'emploi liées à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Mardi, les partenaires impliqués ont annoncé une entente de principe et le lancement d'une étude de préfaisabilité de 20 millions $ en vue de la construction d'une usine de production d'engrais. Un projet qui permettrait l'embauche de 1500 personnes pendant les trois années de sa construction, puis entre 200 et 300 emplois «de qualité» une fois l'usine en exploitation, selon les estimations fournies.

«C'est une démonstration de la capacité de la région à attirer des investissements importants et significatifs et à avoir les outils pour faire plus que remplacer les emplois compromis par le déclassement de Gentilly», a déclaré le whip péquiste Yves-François Blanchet, responsable de la Mauricie.

La région ne décolère pas de la fermeture de la centrale nucléaire et de la perte des quelque 700 emplois qui en découle. Un mécontentement qui s'ajoute à celui provoqué par l'absence d'un ministre provenant de la Mauricie dans le cabinet Marois.

Le projet de 1,2 milliard $ est principalement porté par deux mouvements coopératifs: la Indian Farmers Fertiliser Cooperative (IFFCO), dont le siège social est à Mumbai, et la Coop fédérée, une fédération de 103 coopératives agroalimentaires canadiennes. Investissement Québec complète le montage financier. Les présidents d'IFFCO et d'IFFCO Canada étaient présents à l'annonce. Si tout se déroule bien, les travaux débuteront en 2014 et l'ouverture est prévue pour 2017.

Étapes à franchir

L'usine, qui serait installée dans le parc technologique de Bécancour, doit aussi obtenir certains permis et passer l'étape du BAPE. Les installations portuaire et ferroviaire de l'endroit ont séduit les investisseurs, qui ont privilégié le site parmi 50 autres. L'approvisionnement en gaz naturel de l'usine doit être assuré par Gaz Métro.

«Nos partenaires ne seraient pas avec nous ce matin [mardi] s'il y avait un doute que l'usine ne se fasse pas», a commenté Claude Lafleur, chef de la direction de la Coop fédérée. «Si nous nous sommes engagés dans ce projet, c'est parce que nous avons confiance que ça va se réaliser.»

L'usine produira de l'urée, une source d'azote nécessaire à la croissance des plantes. D'ici 2050, la population mondiale atteindra neuf milliards de personnes, note M. Lafleur. Pour nourrir tout le monde, la production alimentaire devra croître de 70 %. Mais l'augmentation des superficies cultivables ne permettra d'en combler que 10 %. La demande pour l'urée connaîtra une croissance importante dans le monde, selon l'IFFCO.

Pour le chef de l'opposition libérale, Jean-Marc Fournier, il ne faut pas croire que les nouveaux emplois compenseraient ceux perdus. «Tout investissement qui développe l'économie et crée de l'emploi est une bonne chose, a-t-il reconnu. Mais on ne viendra pas mélanger les sujets. On ne pénalisera pas les acteurs régionaux et le gouvernement précédent parce qu'ils ont travaillé à attirer des investissements.»

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