Boeuf contaminé: l'industrie et les consommateurs en paieront le prix

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Une bonne façon d'être renseigné sur ce qui se trouve dans notre assiette serait d'instaurer un système de traçabilité des aliments, suggère Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université de Guelph en Ontario.

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Dominique Hardy
Le Soleil

(Québec) L'industrie du boeuf canadien sera affectée par la crise de la bactérie E. coli en raison de l'importante place qu'occupe l'entreprise XL Foods dans le domaine de transformation de cette viande au pays, croit un spécialiste en sécurité alimentaire.

XL Foods est un gros joueur dans la transformation du boeuf au pays, représentant 40 % du marché canadien dans ce domaine. L'entreprise privée, appartenant aux frères Brian et Lee Nilsson, gère mal la crise qui la secoue en ce moment, selon Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université de Guelph en Ontario.

«C'est une compagnie qui n'a aucune idée comment communiquer le risque au public canadien, soutient-il. XL Foods n'a pas de marque à protéger comme Maple Leaf en 2008 lors de la crise de la listériose. Tout ce que les gens ont eu, c'est un communiqué de presse indiquant qu'ils sont responsables. Chaque jour, XL Foods amène avec elle l'industrie bovine canadienne au complet. Ça fait extrêmement mal à l'image de l'industrie.»

Les consommateurs devront débourser de leurs poches pour cette crise. Le prix du boeuf devrait augmenter en raison de cet important rappel de viande à la suite de la contamination à la bactérie E. coli d'une dizaine de Canadiens.

Une bonne façon d'être renseigné sur ce qui se trouve dans notre assiette serait d'instaurer un système de traçabilité des aliments, suggère le professeur. «C'est un outil de gestion de risques extrêmement efficace lorsque le processus opérationnel est transversal, c'est-à-dire de la ferme à l'assiette du consommateur. Vu l'étendue du Canada et avec le peu de densité de population, c'est difficile de mettre en place un système du genre.» Sans compter que les consommateurs en paieraient le prix à la caisse.

En matière de traçabilité des aliments, le Canada se classe au 15e rang, devant les États-Unis. Un classement peu enviable, selon Sylvain Charlebois. «Les États-Unis devront suivre si nous emboîtons le pas, car on importe et exporte beaucoup avec eux», fait-il remarquer. Le professeur milite aussi pour l'irradiation des aliments. Santé Canada se penche sur cette possibilité en étudiant la question depuis plus d'un an.

Cette crise pourrait favoriser les producteurs locaux, selon M. Charlebois. «Je ne serais pas surpris de voir les abattoirs de la province augmenter leur part de marché. Le Québec est toutefois un très petit joueur avec 3 % du marché canadien. J'ai l'impression que les Québécois vont poser plus de questions et se tourner vers les marchés publics, mais cette viande-là n'est pas donnée», conclut le professeur.

«Dans le doute, jetez-le!»

L'Agence de santé publique du Canada (APSC) estime de son côté qu'il vaut mieux ne pas tenter de «sauver» les produits de boeuf visés par le rappel en les faisant bien cuire.

«C'est mieux de les retourner au magasin ou de les jeter», a expliqué lundi Howard Njoo, responsable de la lutte contre les infections à l'APSC. L'agence fédérale recommande aussi de jeter toute viande visée même si elle est déjà cuite et de se débarrasser de tout produit de boeuf dont l'origine est incertaine. «Dans le doute, jetez-le!» préconise l'APSC. Avec La Presse

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