L'homme de 68 ans, qui rêvait de former des fruit men, a ouvert en 1977 le premier Pères Nature à Sainte-Marie. Quelques années plus tard, un deuxième établissement, au côté d'un moulin à vent qui abrite «une table pour fins gourmets», voit le jour à Saint-Georges.
«J'ai toujours été passionné par les "métiers de bouche". Au fil du temps, la formule a évolué. Aux fruits et légumes se sont ajoutées, entre autres, la pâtisserie, la boucherie, la charcuterie, la fromagerie, la boulangerie, la poissonnerie, où il y a place pour le bon goût et la recherche de ce qu'il y a de meilleur», dit Clément Bédard.
Pour lui, aller au marché pour s'approvisionner, à Montréal ou ailleurs au Québec, n'a jamais posé de problème. Ranger les fruits et décharger le camion non plus. «Chez nous, la qualité est le fruit d'une recherche et non un accident de parcours», ajoute celui qui, la plupart du temps, avec son chapeau de paille sur la tête, circule entre les comptoirs de mets préparés et le petit coin resto.
Aujourd'hui, Pères Nature emploie 220 personnes à temps requis à Saint-Georges, 40 à Sainte-Marie.
Petite histoire inconnue
Onzième d'une famille de 13enfants, Clément Bédard a quitté l'école à 13 ans.
«Je conduisais le tracteur et j'allais vendre les légumes de la ferme par les portes, à Cap-Rouge», raconte-t-il avant d'admettre avoir repris les études et complété son bac en administration à l'Université Laval.
«Étudiant, je travaillais dans des restaurants réputés à Québec, tel La Chaumière. J'ai été maître d'hôtel au Vendôme. Cette fascination pour tous les métiers de bouche me vient donc de mes racines, des grands chefs que j'ai côtoyés et pour qui le vrai bon goût n'avait pas de secret», explique M. Bédard.
Créateurs de saveurs
Dans le sillon tracé par leur père Clément, Maréva-Luna, Saphir, Valentin et Ulys, tous dans la vingtaine, ont grandi dans l'ambiance, la musique et les couleurs souvent inusitées de Pères Nature. À l'exemple de son originalité, de sa créativité, de sa vision de l'agroalimentaire et de l'art d'extraire le meilleur goût des aliments, ils endossent avec enthousiasme la relève de l'entreprise.
Maréva et Valentin combinent même travail et études. Elle s'occupe des ressources humaines et du marketing alors que son frère consacre son énergie au Petit café.
«Nous voulons, à notre tour, être avant-gardistes et offrir aux clients une expérience des plus agréables où faire son épicerie devient un vrai plaisir», dit Ulys, chargé de la recherche et du développement.
Saphir, lui, voit à la production et aux achats.
De son côté, José dirige seul La table du Junior à Saint-Georges.
«Qualité et fraîcheur, ambiance décontractée, saveurs du monde sont là pour demeurer. Si besoin, nous aurons à portée de cellulaire, le meilleur des conseillers: Clément», dit Saphir.
«Il y a de l'espace pour développer d'autres spécialités. Nous ne sommes pas pressés. Il nous faut nous démarquer, cheminer ensemble. Et qui sait, peut-être ouvrirons-nous un troisième Pères Nature dans la région de Québec d'ici quelques années. À voir...», conclut Maréva-Luna.