Le bacon, la prochaine denrée rare?

La pénurie appréhendée de bacon serait attribuable à...

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La pénurie appréhendée de bacon serait attribuable à la hausse marquée du prix des céréales, particulièrement le maïs, due à la sécheresse.

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(Québec) «Pénurie mondiale de porc et de bacon l'an prochain», rapportait mercredi une dépêche de La Presse Canadienne en provenance de Londres. Peut-être pas à ce point, rétorque-t-on de ce côté-ci de l'Atlantique, mais à coup sûr une hausse des prix qui devrait favoriser les producteurs québécois... à condition qu'ils aient les reins assez solides pour durer jusque-là!

Citant une organisation agroalimentaire britannique, l'agence de presse attribue la pénurie appréhendée à la hausse marquée des prix des céréales - principalement le maïs - due à la sécheresse. Comme la hausse des prix de détail ne couvre pas celle de l'alimentation des animaux, de nombreux producteurs liquident leurs troupeaux.

«C'est sûr que c'est une image forte en Grande-Bretagne, quand on connaît leur goût pour le bacon», commente David Boissonneault, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec. Même son de cloche de Jacques Pomerleau, directeur général de Canada Porc International, selon qui la formule vise surtout à frapper l'imaginaire. Oui, il y aura effectivement une légère diminution de la production globale, mais pas au point de vider les étalages, dit-il.

Par contre, disent les deux hommes, il est certain que les prix augmenteront de façon marquée.

À court terme, la soudaine abondance due à la liquidation massive entraîne les prix versés aux éleveurs vers le bas, mais déjà, ils commencent à remonter pour la viande au détail. C'est particulièrement visible dans le boeuf, note M. Pomerleau.

Nouvelle crise à gérer

Le défi, pour les producteurs locaux, sera de passer à travers cette nouvelle crise. Les dernières années ont été très dures dans le secteur porcin, rappellent-ils, et plusieurs ont soit changé de production, soit carrément perdu leur ferme.

Au Québec, le nombre de producteurs est passé de 3900 à 3500 en un an, et le nombre de porcs de 7,8 à 7,2 millions.

Sur une période plus longue, le portrait est toutefois différent. Au Canada, indique M. Pomerleau, le nombre de producteurs est passé de 20 000 à 6000 en l'espace de 20 ans, alors que le cheptel doublait pendant la même période, ou du moins jusqu'à il y a trois ans, alors qu'il commençait à redescendre un peu.

Concentration des fermes

C'est ce qui pourrait bien se passer de nouveau à la faveur de la crise des céréales : une concentration plus grande des fermes, et particulièrement des intégrateurs, ces gros producteurs qui possèdent toute la chaîne de production, du champ de maïs à l'abattoir.

Mais selon M. Pomerleau, cette nouvelle crise, qui n'est pas seulement attribuable à la sécheresse, mais aussi à l'utilisation croissante de maïs pour faire du carburant (près de 50 % de la production aux États-Unis), fera plus mal que les précédentes.

Il y a quatre ou cinq ans, dit-il, ce sont les fermes les moins productives qui ont disparu. Mais aujourd'hui, même les plus performantes risquent de manquer de liquidités.

Au Québec, souligne M. Boissonneault, les instances gouvernementales ont une bonne écoute et offrent un bon soutien. Mais «ça tombe à un mauvais moment», et certains risquent de ne pas passer à travers cette nouvelle épreuve.

À tout le moins, se console-t-il, il n'y a pas pénurie de maïs au Québec comme aux États-Unis; il demeure donc possible pour les producteurs de s'en procurer... à condition d'y mettre le prix.

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