L'étude, menée par le chercheur Gilles-Éric Séralini et publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology, repose sur une série de très petits échantillons de 20 rats (10 mâles, 10 femelles), que l'on a nourris pendant deux ans avec différentes quantités de maïs transgénique représentant 11, 22 ou 33 % de leur diète. Certains ont aussi reçu des doses de l'insecticide Roundup, auquel le maïs génétiquement modifié est conçu pour résister.
Résultats : alors que, dans les groupes témoins, 20 % des mâles et 30 % des femelles sont morts prématurément, ces proportions ont atteint «jusqu'à [50 % et 70 % respectivement] chez certains groupes dont la diète comportait du maïs transgénique», lit-on dans l'article, dans lequel les auteurs ont noté d'autres signes de morbidité, notamment aux reins. La surmortalité observée était plus forte chez les femelles, surtout à cause de tumeurs mammaires.
Cependant, les critiques provenant de nombreux autres chercheurs dans ce domaine n'ont pas tardé à tomber - drues et sévères, d'ailleurs. Sur le site du groupe britannique Science Media Centre, plusieurs biochimistes ont déploré la taille de l'échantillon et les façons plus ou moins «excentriques», disons, de présenter les données. D'aucuns ont même comparé la démarche statistique employée à une «partie de pêche».
Professeur en science de l'agriculture à l'Université Laval, François Belzile ne s'est pas montré plus impressionné que les autres lors d'un entretien avec Le Soleil.
«En Amérique du Nord, ces maïs-là sont largement utilisés dans l'élevage, un secteur où les gens sont très, très méticuleux sur les rendements qu'ils obtiennent [en quantité de viande ou de lait]. Alors, penser qu'il pourrait y avoir des effets aussi dramatiques et que personne ne s'en serait aperçu, c'est difficile à croire», dit-il.
Le fait que l'équipe de M. Séralini, qui est à peu près la seule dans le monde à obtenir de tels résultats, n'ait pas observé une mortalité plus forte chez les rats qui mangeaient le plus d'organismes génétiquement modifiés devrait également porter à prendre ces résultats avec un gros grain de sel, dit M. Belzile.