L'industrie canadienne du boeuf sur le déclin

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L'industrie canadienne du boeuf compte de façon indue sur un seul marché, celui des États-Unis, qui compte pour 85 % de nos ventes bovines.

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(Québec) L'industrie canadienne du boeuf s'en va à vau-l'eau. Par manque de vision, elle rate des occasions de se développer et de se distinguer et va en périclitant. À l'heure qu'il est, le Canada sert surtout à alimenter l'industrie américaine, qui en profite pour augmenter ses propres exportations avec des marges de profit supérieures, selon une étude rendue publique cette semaine.

L'Institut canadien des politiques agro-alimentaires (ICPA) sonne l'alarme sur l'état de cette production, principalement concentrée dans l'Ouest, mais également présente au Québec.

Selon Daniel Yeon, vice-président de l'organisme indépendant et sans but lucratif qui se donne pour mission de proposer des solutions aux divers enjeux qui confrontent le milieu agricole, le statu quo est particulièrement préoccupant. Si rien ne change, le Canada deviendra un importateur net dans ce marché, c'est-à-dire qu'il importera davantage de viande qu'il en exportera.

Parmi les points négatifs, il relève que le cheptel de vaches bovines (destinées à la production d'animaux de boucherie, par opposition aux vaches laitières) a diminué de 20 % depuis 2005, plusieurs producteurs se tournant vers des productions plus rentables, comme les céréales.

En outre, à l'exportation, l'industrie canadienne compte de façon indue sur un seul marché, celui des États-Unis, qui compte pour 85 % de nos ventes bovines.

Or, bien que ces ventes atteignent l'importante somme de 1,8 milliard $, il y a un déséquilibre marqué entre la valeur du boeuf que nous exportons chez nos voisins du sud - 3,75 $ le kilo - et celle de celui que nous importons - 6,55 $ kg. Selon le porte-parole, cette différence s'explique par le fait que le Canada exporte des animaux complets, alors que les importations sont surtout constituées de pièces de découpe qui ont davantage de valeur. «Notre secteur de transformation n'est pas compétitif», déplore-t-il.

Les États-Unis tirent parti de cette situation en augmentant leurs propres exportations avec des profits et des valeurs ajoutés.

Notre capacité à fournir notre marché intérieur a par ailleurs diminué, passant de 87 % à 75 % depuis 2005.

Changements suggérés

Selon les auteurs de l'étude, l'industrie canadienne doit augmenter cette part, diversifier ses marchés d'exportation et augmenter la valeur de ce qui est vendu aux États-Unis. Elle doit aussi mieux répondre aux consommateurs canadiens qui réclament plus d'information sur les pratiques de production, la valeur nutritive de la viande ainsi que son empreinte écologique.

Ces changements ne relèvent pas des gouvernements, qui ont toujours répondu présents lors de crises, mais de toute la chaîne de production, de l'éleveur au détaillant en passant par le distributeur. Il faut une stratégie globale et un leadership unique, avance M. Yeon.

Quant aux producteurs québécois, ils sont bien placés selon lui pour développer des marchés spécialisés.

Pour consulter l'étude, voir le site de l'ICPA: www.capi-icpa.ca.

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