«Qu'il s'agisse d'engrais, de semences à gazon, de terreaux ou autres, la moitié des produits relatifs à l'horticulture que l'on retrouve dans les grandes surfaces ou les centres jardins sont des marques de Premier Tech», affirme le directeur Innovation, recherche et développement pour Premier Tech biotechnologie, M. Serge Gagné.
Pas moins de 1500 produits sont vendus sous des marques telles que CIL, Premier, Pro-Mix, Golfgreen et Wilson, Mike et Mike-Pro. «Les gens ont plus facilement accès à des produits répondant à leurs besoins. Ça a probablement contribué à la popularité de l'horticulture, qui demeure un secteur très peu affecté par les fluctuations économiques. Au contraire. Lorsque les gens ont moins d'argent, ils se tournent vers leur jardin», poursuit M. Gagné.
Croissance plus rapide
Et si ces jardins sont si fleuris, productifs et performants, la mycorhize a probablement quelque chose à y voir. Ce champignon se retrouve dans la nature, a la propriété de développer le système racinaire des plantes, leur permettant d'aller chercher encore plus d'éléments nutritifs dans le sol, d'où une croissance plus rapide. «Les plantes donnent aussi un meilleur rendement et sont plus tolérantes à différents stress, comme la sécheresse.»
Au tournant de l'an 2000, dans les installations du Centre de développement bioalimentaire du Québec à La Pocatière, les chercheurs de Premier Tech ont été les premiers à réussir à cultiver ce champignon en laboratoire selon une méthode permettant une récolte suffisante pour en assurer une commercialisation à grande échelle.
La réponse a été fulgurante, forçant un agrandissement des installations. Aujourd'hui, on y produit 500 000 litres d'inoculum de mycorhize concentré par année. «L'usine de La Pocatière est celle où il se fabrique la plus importante quantité de mycorhize dans le monde entier, grâce à une technologie unique et de l'équipement spécialisé qui permet la récolte d'inoculum de mycorhize pur», note fièrement M. Gagné. La majorité des équipements ont été développés par les chercheurs de Premier Tech ou adaptés aux besoins de l'entreprise.
«Nous avons développé un concept de réacteurs qui permet la production microbiologique de ce micro-organisme dans des conditions optimales. Nous reproduisons l'inoculum dans des milieux de culture adaptés. Tout le processus jusqu'à la récolte se fait dans un environnement aseptisé et contrôlé.»
Performance
La concentration de produit pur que le procédé permet de récolter est impressionnante. «Une production de mycorhize selon des méthodes conventionnelles permet d'obtenir une proportion de 40 spores par gramme de solide. Avec notre système de réacteur, on parle de 40 000 à 100 000 spores par gramme de solide.» Plus grande est la concentration, meilleures sont les performances.
Les produits qui en découlent, offerts sous forme de poudre, de granules ou liquides, sont distribués à travers le monde. Ajoutés aux substrats locaux, ceux-ci s'adaptent et ont les mêmes effets multiplicateurs sur les différentes cultures étrangères.
Les recherches se poursuivent pour améliorer les performances, réduire les coûts de production et développer d'autres marchés, toujours en fonction des besoins des utilisateurs. «La plate-forme grand consommateur nous a permis de développer le volet de l'agriculture à grande échelle, qui pourra aussi bénéficier des effets de la mycorhize», conclut Serge Gagné.