La création du Service de la traçabilité agricole du Canada (STAC) a été annoncée vendredi à Calgary. Elle est assortie de l'injection d'une somme de 500 000$ pour créer la banque de données unique, et de 265 000 $ pour aider l'Agence canadienne d'identification du bétail (ACIB) et Agri-Traçabilité Québec (ATQ) à améliorer leur capacité de gestion des données.
L'ACIB est à l'ouest du pays ce qu'est ATQ pour le Québec, mais à un degré nettement moins avancé. Au Québec, les filières bovine, ovine et de cervidés sont entièrement réglementées de la ferme à l'abattoir. Chaque animal, chaque site d'élevage et chaque mouvement d'un site à l'autre sont enregistrés, si bien qu'il est possible de savoir à tout moment d'où provient un animal. En outre, ATQ a commencé à réaliser des projets pilotes permettant de suivre la viande bovine entre l'abattoir et le détaillant.
Dans l'Ouest, seule la filière bovine est réglementée, et seulement pour les animaux et les sites, mais pas pour les mouvements, explique Marie-Christine Talbot, directrice générale d'ATQ.
Par ailleurs, le Conseil canadien du porc devrait annoncer sous peu la mise en place d'un système de traçabilité à l'échelle nationale.
Le plan fédéral est «ambitieux», dit Mme Talbot, mais ouvrirait la porte à un «système fort» en cas de crise épidémiologique. Car on l'a vu lors de la crise de la «vache folle», c'est aux frontières canadiennes que de tels évènements rebondissent, et non à celles d'une province, qui n'existent pas.
L'expertise québécoise sera mise à profit, puisque c'est ATQ qui fera office de centre de services pour tout l'Est du Canada, à partir de l'Ontario, alors que l'ACIB fera la même chose dans l'Ouest. Les deux organisations ont commencé à évaluer comment elles peuvent travailler de concert.
Au cours des prochains mois, toutes les entités concernées auront à réaliser des études de faisabilité, choisir les soutiens techniques d'une telle organisation et réaliser un plan d'intégration. «Après ça, si c'est go, il faudra établir une structure de gouvernance», dit Mme Talbot.