Il faut avoir vu l'avant et l'après du local situé au coin des rues Saint-Joseph et Caron pour apprécier l'immense travail qui été réalisé par l'entrepreneur Michel Hamel. De grandes vitrines sur les deux façades, murs intérieurs de brique ou de bois, tous les matériaux utilisés ainsi que la décoration rappellent cette ruralité que les fondateurs de la coopérative, leur président Éric Proulx en tête, souhaitent transposer en ville. L'aménagement des lieux a d'ailleurs nécessité un investissement de 600 000 $.
Pour le lancement officiel, mercredi, une chèvre, une poule et deux canetons sont venus compléter le décor, au grand plaisir des passants. Le caractère «typique» des lieux, si l'on peut s'exprimer ainsi, a même été accentué par la bénédiction du local et de ses artisans par le curé Jean Piché. La traditionnelle coupe de ruban, elle, s'est faite à l'aide d'une bonne vieille corde de jute.
Reportée au moins deux fois ces derniers mois, l'ouverture du commerce coopératif qui regroupe déjà 57 producteurs agricoles et plus de 200 citoyens consommateurs a pour but d'offrir une vitrine aux produits alimentaires des régions du Québec.
Aucun intermédiaire
La qualité est au rendez-vous. Dans les comptoirs, fromages (Éric Proulx était propriétaire de l'ancienne fromagerie L'Artisan et son pays), viandes, poissons, fruits et légumes, produits transformés, miels, moutardes préparées, fruits séchés, noix, confitures, etc. La politique de vente se veut la plus équilibrée possible, selon le président, entre les produits de tous les jours et les denrées de luxe.
De fait, certains produits transformés affichent un prix relativement élevé, mais il faudra voir avec l'arrivée croissante d'aliments frais, puisqu'il n'y a aucun intermédiaire entre les producteurs et le magasin. «Acheter des producteurs, ce sera aussi acheter une manière de faire et une région», disait M. Proulx.
Comme déjà annoncé, la cuisine sera exploitée par le Clocher penché, restaurant bistro voisin. Une cuisine rapide, à manger sur place ou à emporter, fabriquée à partir des produits offerts sur place. Des grilled cheese, par exemple, dont on devine que la recette de base aura été améliorée!
À 24 heures d'avis, il sera aussi possible de faire préparer des plateaux divers, indiquait pour sa part la gérante de l'épicerie, Amélie Tendland.
Au cours des prochaines semaines, des étals extérieurs rue Caron et une terrasse rue Saint-Joseph s'ajouteront.
Il n'est pas nécessaire d'être membre pour pouvoir acheter, mais il est possible d'exprimer sa solidarité en adhérant à la coop, dont la devise est «Mangez fier pour que demain soit».
À compter de l'automne, celle-ci prendra aussi la forme d'une «école de rang», avec des cours, conférences, présentation de documentaires, etc. Tout sera fait pour titiller la fibre rurale qui se cache en chaque urbain, soulignait avec humour M. Proulx.
Pour en savoir plus, voir le site Internet www.lesgrandsrangs.com.