Le Soleil a eu droit vendredi à une visite guidée privilégiée des cuisines du navire de débarquement USS Whidbey Island, à l'occasion de son mouillage à Québec à l'occasion du Rendez-vous naval. Placée sous la gouverne de la première classe Christina Joseph, l'organisation roule au rythme de la vie à bord et du type de mission qu'accomplit l'équipage. Autrement dit, à fond de train.
Dès 5h, le personnel de cuisine s'attelle pour de longues heures afin de nourrir les troupes. Pendant la nuit, un boulanger-pâtissier aura préparé les pains, gâteaux ou biscuits dans les immenses bols aussi grands que des cuves. Malgré la grosseur des plats, toutefois, c'est à une petite cafétéria que l'on pense en visitant les installations.
La première question qui vient à l'esprit est nécessairement celle de l'approvisionnement. À défaut d'aller au supermarché, les cuisiniers sont alimentés par des cargos spécialisés, à des intervalles de 45 à 60 jours. L'approvisionnement en produits frais se fait quant à lui aux 15 jours. Parfois, les denrées arrivent par hélicoptère, ceux-ci pouvant se poser sur le pont.
Ici, pas de menus spéciaux, précise la chef Joseph. Les soldats ou les marins allergiques au gluten, les végétariens, ceux qui ont des contraintes religieuses doivent s'organiser avec les moyens du bord.
Et ça roule! En l'espace d'une heure, 300 personnes passent par la petite salle à manger qui n'offre que quelques dizaines de places assises. Pas question de siroter un thé... Le même menu revient aux 21 jours, et toute modification doit être approuvée par le bureau responsable aux États-Unis. Les «spéciaux» sont rares. Quelques douceurs à Noël ou pour Thanksgiving, du poisson les vendredis de Carême...
Contrairement à l'armée canadienne où les soldats peuvent avoir droit à deux bières par jour lorsque les missions le permettent, les Américains n'ont droit qu'à une seule, et encore, en de rares occasions seulement.
Au moment de notre passage, de bonnes odeurs se dégagent des fourneaux. Un aide-cuisinier nous offre à goûter un délicieux poulet en sauce servi sur des pâtes, qui ne passerait toutefois pas le test pour les quantités de sel qu'il contient!
Cela dit, les aliments en conserves sont aussi à l'honneur pour limiter le temps de préparation. La satisfaction des mangeurs, elle, varie au gré des menus, convient la chef Joseph. Son plus grand regret est d'ailleurs de ne pouvoir satisfaire aux goûts de chacun, ou de ne pouvoir toujours servir les plats aussi chauds ou froids qu'ils le devraient. Elle admet d'ailleurs qu'il y a beaucoup de gaspillage. Faut-il s'étonner? Entre les pâtes aux crevettes et le poulet frit, c'est le second qui l'emporte!
Et comme dans toute structure militaire qui se respecte, les chefs et les officiers ont droit à leur propre salle à manger et personnel attitré. Mais qu'on ne s'y trompe pas, les lieux n'ont rien de luxueux pour autant.
Visite du navire
Outre les cuisines, Le Soleil a aussi eu la possibilité de jeter un oeil sur les quartiers privés des soldats. Dans des dortoirs d'environ 20 lits où un minimum d'intimité est assuré par des casiers métalliques, ceux-ci couchent dans des lits à trois étages fermés d'un côté par un mur. Claustrophobes s'abstenir.
Circuler à l'intérieur du bateau ressemble à ce que l'on peut imaginer d'un navire de guerre, des enfilades de couloirs étroits, des escaliers abrupts, de lourdes portes arrondies, du matériel de sauvetage bien en évidence.
Pour sa visite à Québec, le USS Whidbey Island, un navire de débarquement qui assure le transport de soldats d'infanterie, abrite environ 400 personnes, mais ce nombre peut être doublé. Son ventre creux peut contenir jusqu'à quatre énormes aéroglisseurs pouvant accueillir jusqu'à 100 personnes chacun.
Lors des débarquements, l'eau entre à l'intérieur, ce qui permet de faire passer directement les appareils sur l'eau. La dernière mission militaire du navire remonte à mars 2011, en Lybie. Il est aussi adapté à des missions humanitaires.