Abattoir Levinoff-Colbex: le PQ réclame une enquête

Levinoff-Colbex est le seul abattoir canadien de bovins... (Photothèque Le Soleil)

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Levinoff-Colbex est le seul abattoir canadien de bovins de réforme d'importance à l'est de l'Ontario.

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Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Le Parti québécois suggère de faire appel au Vérificateur général du Québec «pour savoir où est passé l'argent des contribuables» investi dans l'abattoir Levinoff-Colbex.

Cette demande, adressée au gouvernement pendant la période de questions à l'Assemblée nationale et reprise dans un communiqué de presse, a été formulée le jour même où le Vérificateur général déposait son rapport annuel.

Selon André Simard, député de Kamouraska-Témiscouata et porte-parole de l'opposition officielle en matière d'agriculture, il est temps de lever le voile sur la transaction conclue en 2006 grâce au gouvernement Charest. En pleine crise de la vache folle, la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) a repris pour 62 millions $ l'abattoir de bovins de réforme (vieilles vaches laitières et reproductrices) appartenant aux frères Cola, généreux donateurs du Parti libéral.

Depuis, le provincial a investi 19,6 millions $ dans Levinoff-Colbex en plus de cautionner une marge de crédit de 10 millions $. Mais cela n'a pas suffi à garder l'entreprise à flots. Lundi, la FPBQ a annoncé la suspension des activités pour «arrêter de manger de l'argent». Les 270 employés de Saint-Cyrille-de-Wendover et de Montréal ont été mis à pied «temporairement».

«Si on avait payé un juste prix, on n'en serait pas là aujourd'hui», croit M. Simard, convaincu que le gouvernement a fixé les paramètres d'une vente qui s'est avérée désavantageuse pour les producteurs de bovins.

Avant d'injecter de nouvelles sommes dans l'abattoir, même pour appuyer la création d'une coopérative, celui-ci estime qu'il faut savoir comment l'argent public a été utilisé jusqu'à maintenant. Cela dit, il tient à conserver une capacité d'abattage au Québec.

En chambre, le ministre Pierre Corbeil a répondu que l'argent n'était pas perdu «parce que c'est un prêt qu'on a fait. Il y a des actifs, il y a des inventaires. Les gens sont à analyser la situation avec les créanciers». Il a répété que les libéraux avaient appuyé les producteurs agricoles lors de l'achat de l'abattoir, en 2006, et entendaient le faire encore.

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