La compagnie Okanagan Specialty Fruits Inc. souhaite mettre en marché des pommes génétiquement modifiées (GM) pour empêcher leur brunissement une fois qu'elles sont coupées. Les nouvelles pommes, GD743 et GS784, sont destinées à la consommation humaine et animale. Leur mise en culture serait une première mondiale, alors qu'une demande similaire est pendante aux États-Unis depuis mars 2010.
Pour le réseau québécois Vigilance OGM, qui sonne l'alarme à ce sujet avec d'autres groupes du Canada anglais, il y a un manque de transparence dans le processus d'approbation des organismes génétiquement modifiés. D'une part, le gouvernement fédéral (ACIA et Santé Canada) s'appuie uniquement sur les études des compagnies pour évaluer les «végétaux à caractères nouveaux (VCN)», et ne mène aucune étude indépendante. Et d'autre part, le contenu de ces études n'est pas divulgué.
Même les gouvernements provinciaux n'y ont pas accès, déplore la porte-parole Christine Gingras. Vigilance OGM a d'ailleurs soulevé cette question récemment lors de sa comparution devant la commission parlementaire sur la future politique bioalimentaire québécoise. «La moindre des choses serait d'avoir accès à ces études pour savoir de quoi il en retourne», dit cette agronome.
L'autre problème soulevé est celui du risque de contamination des vergers conventionnels par la pollinisation. Selon Vigilance OGM, des pomiculteurs de la vallée de l'Okanagan avaient d'ailleurs bloqué en 2001 des essais en verger du Centre fédéral de recherches agroalimentaires du Pacifique de Summerland, en invoquant les dangers de contamination des pommiers non OGM.
Au Québec, la pomme est un emblème, souligne Christine Gingras. Et une fois que le nouveau fruit sera approuvé au pays, rien n'empêchera l'arrivée de cultivars adaptés au climat québécois.
Le maïs sucré
Cette nouvelle survient quelques semaines après que l'on a appris que des producteurs canadiens et québécois cultiveront du maïs sucré GM cet été. Cette arrivée sur le marché marque une nouvelle étape dans le domaine des biotechnologies. Jusqu'à récemment, celles-ci étaient concentrées dans l'alimentation du bétail, ou encore figuraient dans l'alimentation humaine à titre d'ingrédients dans les aliments transformés, contenant par exemple des huiles de soya ou de maïs.
Maintenant, l'offensive est directement dans l'assiette des consommateurs, constate Mme Gingras, qui s'attend en outre à ce qu'une demande survienne bientôt pour la commercialisation du blé GM.
L'organisme réclame l'étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM, pour que les consommateurs aient le droit de choisir ce qu'ils mangent. Il a d'ailleurs annoncé qu'il ferait des tests aléatoires sur le maïs sucré cet été.
Sa position face à la demande d'approbation des pommes est publiée sur le site www.infoogm.qc.ca L'avis de l'ACIA et le lien pour le formulaire de commentaires sont accessibles à l'adresse http://inspection.gc.ca sous la mention Quoi de neuf.