Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), Pierre Corbeil, annonçait hier l'octroi d'une somme de 150 000 $ à l'Association des vignerons du Québec pour faire la promotion des Vins du Québec certifiés. Une somme qui peut sembler modeste, convient le président de l'association, Charles-Henri de Coussergues, mais qui donnera un élan à cette certification mise en place il y a trois ans et qui rejoint maintenant 22 des 115 viticulteurs de la province.
Par un curieux phénomène mental, les Québécois sont sceptiques lorsqu'un vin d'ici leur semble «trop bon» pour être vrai, soulignait M. de Coussergues en entrevue. Cette certification garantit non seulement l'origine québécoise des raisins grâce à un système de traçabilité de la bouteille au vignoble, mais également les procédés de fabrication.
L'annonce a justement été faite au vignoble de Sainte-Pétronille, dont l'un des vins, le Voile de la mariée, a remporté une médaille d'or au concours international Sélections mondiales 2011. Ce vin blanc sec est produit avec le seul cépage 100 % québécois, le vandal-cliche.
Pour le copropriétaire du domaine, Louis Denault, il est clair que les vins du Québec ont beaucoup évolué, et continuent de le faire, grâce à la recherche et aux nouvelles méthodes de culture.
Le MAPAQ, qui a versé une aide d'un millionde dollars à 50 vignerons en 2011-2012, reconduit d'ailleurs cette année la campagne de promotion télévisuelle des alcools du terroir À la tienne Québec, au coût de 400 000 $.
Selon le ministre Corbeil, la mission conjointe, l'automne dernier, d'une délégation de vignerons et de gens de la SAQ en Suisse et en France a permis d'ouvrir le dialogue et de créer l'ouverture qui permettra de donner plus de visibilité aux vins d'ici sur les tablettes de la société d'État. Lui-même avoue être parfois déçu de la place qui leur est concédée, mais il invite les Québécois à les demander.
Il compte également prêcher par l'exemple en demandant à ce que ces vins soient offerts aux invités des différents ministères. Le Québec se classe parmi les régions viticoles nordiques émergentes et doit en faire la promotion, dit-il.
Vin de glace
C'est par ailleurs en juin que l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) donnera sa position sur le procédé de fabrication du vin de glace. Au Québec, des viticulteurs s'inquiètent parce que des associations d'autres provinces font pression pour que la mention soit réservée seulement au vin produit avec du raisin gelé naturellement sur la vigne.
Or, ici, des viticulteurs doivent déposer les fruits dans des filets au-dessus des vignes, pour éviter qu'ils ne soient ensevelis sous la neige. Dans des régions moins neigeuses, les pieds de vigne doivent être protégés du froid avec de la terre. L'Organisation internationale de la vigne et du vin a déjà jugé la méthode québécoise conforme à la définition du vin de glace.