Croisade contre le maïs Bt

(Québec) Les AmiEs de la Terre de l'Estrie demandent aux autorités d'interdire le maïs transgénique Bt. Invoquant diverses études scientifiques, l'organisation dit craindre les effets nocifs de la plante pour la santé animale et humaine. Une plainte a été déposée au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Le groupe environnemental demande au MAPAQ et à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) «d'interdire la commercialisation et l'usage du maïs Bt, et de retirer les produits transgéniques Bt du marché de l'alimentation humaine et animale».

Lors d'un point de presse tenu jeudi à Sherbrooke, ses porte-parole ont fait état de plusieurs études scientifiques indépendantes qui viendraient jeter un doute raisonnable sur les conséquences de la toxine Bt (Bacillus thuringiensis) pour la santé lorsque celle-ci est intégrée à une plante par l'ajout d'un gène. Le Bt, une toxine qui se trouve naturellement dans le sol, tue certains insectes nuisibles en détruisant leur paroi intestinale.

Depuis sa mise en marché, les informations «sont à l'effet que le maïs Bt est inoffensif pour le consommateur parce que le transgène Bt et les toxines Bt qui en dérivent sont complètement détruits dans l'intestin et ne traversent pas la barrière intestinale», disent les environnementalistes.

Or, cette assertion serait contredite par une étude du Dr Aziz Aris, de l'Université de Sherbrooke, qui affirmait dans un article publié l'an dernier avoir découvert des résidus de toxine Bt dans le sang de femmes enceintes, de leurs foetus et de femmes non enceintes. Si la toxine se retrouve dans le sang, c'est que l'intestin ne la détruit pas complètement, affirme André Nault, bénévole au sein de l'organisation.

Lors d'un entretien téléphonique, celui-ci déplorait également l'impossibilité de consulter les études des compagnies sur lesquelles l'ACIA s'appuie pour autoriser de nouveaux OGM.

D'autres études citées par Les AmiEs de la Terre démontreraient par ailleurs «que les toxines Bt peuvent être allergènes, causer des dommages au foie et aux reins ainsi que des problèmes de reproduction chez certains animaux», alors que d'autres indiqueraient que «le transgène Bt peut se transférer aux bactéries du tractus digestif».

Le groupe dit souhaiter que le Québec et le Canada s'inspirent des pays européens et appliquent le principe de précaution jusqu'à ce que les preuves d'innocuité soient faites.

Au Québec, selon les données gouvernementales, 73% des superficies de maïs sont des OGM.

Contestation scientifique

La plainte des AmiEs de la Terre risque fort de rencontrer de l'opposition sur son chemin, et pas seulement de la part des fabricants de semences transgéniques. L'étude du Dr Aris a en effet été contestée d'un point de vue méthodologique par divers chercheurs dans le monde.

Selon Dominique Michaud, biochimiste et professeur au département de phytologie de l'Université Laval, elle ne permet pas de distinguer l'origine du Bt découvert chez les femmes et les foetus. Or, cette toxine est non seulement naturellement présente dans le sol, mais elle est aussi utilisée en agriculture biologique. Rien ne dit que les résidus de Bt découverts chez les femmes et les foetus provenaient de la plante Bt, dit-il.

Au MAPAQ, la porte-parole Caroline Fraser a indiqué hier que la plainte sera redirigée vers le gouvernement fédéral, puisque c'est lui qui a juridiction sur les OGM.

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