Étiquetage des OGM: le gouvernement Charest pressé d'agir

Le député Éric Caire, qui parrainait déjà la... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le député Éric Caire, qui parrainait déjà la pétition en tant qu'adéquiste, l'a présentée hier sous le chapeau de son nouveau parti.

Le Soleil, Steve Deschênes

(Québec) Quatorze mille cinq cent quarante-quatre Québécois ont signé la pétition réclamant l'étiquetage obligatoire des aliments contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) déposée hier à l'Assemblée nationale. Les instigateurs de cette démarche demandent maintenant au gouvernement libéral de Jean Charest de prendre le leadership dans ce dossier au Canada, et ainsi donner suite à un engagement remontant à 2003.

Lancée l'automne dernier par une citoyenne de Saint-Raymond, Marie-Ève Boudreault, une jeune maman qui réclame le droit de choisir en toute connaissance de cause ce qu'elle achète pour nourrir ses jeunes enfants, la pétition a été appuyée par le Regroupement québécois contre les OGM (RQcOGM) et parrainée par le député alors indépendant Éric Caire. Hier, c'est sous le chapeau du nouveau parti de M. Caire, la Coalition avenir Québec, qu'elle a été présentée.

Trop d'incertitudes et de méconnaissance entourent l'effet des OGM sur la santé et sur l'environnement pour continuer de cacher une information essentielle aux consommateurs, ont plaidé tour à tour Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs, et Christine Gingras, de Nature Québec, deux groupes membres du RQcOGM. À l'instar de ce qui se fait dans plusieurs autres pays, dont ceux de l'Union européenne, le Canada doit forcer les fabricants à afficher la présence d'ingrédients issus des biotechnologies, disent-ils.

En 2004, une commission parlementaire avait d'ailleurs fait une recommandation en ce sens, laquelle avait été adoptée à l'unanimité par tous les partis à l'Assemblée nationale. Rien ne s'est toutefois passé depuis. À ce jour, le gouvernement libéral a toujours invoqué le fait qu'il ne pouvait faire cavalier seul. Or, aucune autre législation nord-américaine ne semble vouloir aller de l'avant dans cette démarche.

«Le problème, c'est que personne ne prend le leadership», disait Éric Caire au Soleil. À son avis, le Québec «doit» être ce leader et convier les autres provinces et le gouvernement fédéral à amorcer la discussion.

Céréales et saumon

Présentement, les cultures OGM les plus répandues au Québec (données officielles de 2010) sont celles du maïs (73% des superficies), du soja (49%) et du canola (85% selon des données non officielles). Ces productions servent principalement à l'alimentation animale.

Les modifications qu'elles subissent ont principalement pour but de les rendre résistantes à certains herbicides, notamment le glyphosate, connu sous le nom commercial de Roundup. Incidemment, celui-ci est produit par la principale compagnie de semences OGM, la multinationale Monsanto. Or, un rapport sur l'état des cours d'eau québécois nous apprenait cette semaine que ceux situés en milieu agricole sont particulièrement contaminés au glyphosate.

Selon Christine Gingras, il est difficile de savoir dans quelle mesure ces céréales se retrouvent dans l'alimentation humaine... puisqu'il n'y a pas d'étiquetage! Ce qui est certain, dit-elle cependant, c'est que la viande que nous mangeons a presque sûrement été nourrie avec des céréales OGM, à moins d'être certifiée biologique.

Par ailleurs, d'autres autorisations pourraient être données bientôt au Canada. C'est le cas de la luzerne, déjà approuvée aux États-Unis, et du saumon, qui est dans le collimateur de l'administration américaine. Celui-ci deviendrait le premier animal OGM destiné à la consommation humaine. Il y a à la fois crainte qu'il ne se retrouve dans l'assiette des Canadiens, et qu'Ottawa emboîte le pas pour harmoniser les marchés. Des travaux sont aussi en cours en Ontario sur le porc.

Et qu'en pensent les agriculteurs? «L'Union des producteurs agricoles reconnaît aux consommateurs le droit fondamental d'avoir accès à des renseignements sur la nature des produits qu'ils achètent. L'Union est donc en faveur de l'étiquetage obligatoire des OGM, mais dans la mesure, d'une part, où tous les membres de la filière agroalimentaire se partagent la charge [coûts, responsabilités, etc.] et, d'autre part, où les normes d'étiquetage s'appliquent également aux produits importés», a indiqué hier son porte-parole Patrice Juneau.

Le gouvernement a 30 jours pour répondre à la pétition devant l'Assemblée nationale.

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