Plus de 11 000 Québécois réclament l'étiquetage des OGM

Les agriculteurs québécois utilisent de plus en plus... (PHOTO: MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Les agriculteurs québécois utilisent de plus en plus de semences génétiquement modifiées pour résister aux herbicides.

PHOTO: MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

(Québec) Plus de 11 000 Québécois ont signé la pétition pour un étiquetage obligatoire de la présence d'organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les aliments. Celle-ci devrait être déposée le 16 février à l'Assemblée nationale par Éric Caire. Pendant ce temps, la France passe en deuxième vitesse.

Le député Caire a accepté l'automne dernier de parrainer la pétition du Regroupement québécois contre les OGM (RGcOGM). Mais bien que le gouvernement actuel se soit déjà dit pour un tel étiquetage, il refuse d'aller seul de l'avant en Amérique du Nord. Or, aucune législation n'a encore bougé à cet égard, même si les États sont désormais à l'abri de toutes représailles commerciales grâce à une décision de l'ONU.

La situation nord-américaine tranche avec celle prévalant dans d'autres pays. En Europe, l'étiquetage est obligatoire depuis plusieurs années dans plusieurs pays, dont la France. Or, un décret adopté le 31 janvier permettra aux Français de passer à une deuxième étape, avec l'étiquetage «sans OGM».

La nuance? Jusqu'à présent, les fabricants n'étaient pas obligés de spécifier si les animaux fournissant de la viande, par exemple, ont été nourris avec des OGM. En outre, il était interdit aux filières sans OGM de s'afficher comme telles. Ce ne sera plus le cas à compter du 1er juillet. Dans un contexte où 80 % du soja donné aux animaux d'élevage a été génétiquement modifié, l'étiquetage «sans OGM» encouragera les filières animales utilisant une alimentation non OGM, estiment les associations de consommateurs.

De quoi susciter l'envie des militants québécois. «L'Europe continue de creuser l'avance», observe Charles Tanguay, porte-parole de l'Union des consommateurs, groupe membre du RGcOGM. À son avis, de telles mesures vont bien au-delà de la notion de précaution, et s'inscrivent dans un mouvement pour un autre type d'agriculture. Il dénonce les dangers environnementaux ainsi que l'asservissement des agriculteurs à des multinationales comme Monsanto, qui leur interdit de réutiliser leurs propres semences.

L'Europe a fait la démonstration que l'étiquetage ne tue pas les marchés, plaide-t-il également.

Christine Gingras, agronome à Nature Québec et porte-parole du RgcOGM, soulève un autre enjeu économique pour le Canada, celui des exportations. Au Québec, la grande majorité du maïs et du soja utilisés dans l'alimentation animale a été génétiquement modifiée, dit-elle, ce qui restreint les marchés. Avec l'étiquetage obligatoire et un système de traçabilité, cela ouvrirait les possibilités.

Chose certaine, dit-elle, la décision de la France «nous donne du jus pour démontrer qu'on n'est pas des extraterrestres».

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