Provigo force les aliments à voyager davantage

La «réévaluation» du réseau de distribution de Loblaw... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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La «réévaluation» du réseau de distribution de Loblaw au Québec affectera surtout le transport des fruits et des légumes locaux, qui devront être systématiquement envoyés à Boucherville. Les fraises de l'île d'Orléans n'échapperont pas à ce détour forcé.

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(Québec) Les fraises de l'île d'Orléans vendues au Maxi de Baie-Comeau et au Provigo de Trois-Pistoles devront désormais passer par l'entrepôt de Loblaw à Boucherville. Le même détour de 500 kilomètres, forcé par la fermeture du centre de distribution de Provigo à Québec, s'imposera pour plusieurs aliments produits et distribués dans l'est de la province.

La «réévaluation» du réseau de distribution de Loblaw au Québec, annoncée en même temps que la mise à pied de 415 employés en lock-out dans la capitale, augmentera la distance parcourue par certaines marchandises et, du coup, le temps qu'elles mettent pour se rendre aux consommateurs.

C'est surtout le cas pour les fruits et les légumes locaux, qui devront être systématiquement envoyés à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal, selon les indications données aux fournisseurs. Des camions aux couleurs de Loblaw referont la 20 en sens inverse pour rapporter les denrées vers la région de Québec ou poursuivront leur route vers le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, Charlevoix, la Côte-Nord et le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les supermarchés de ces régions étaient desservis à partir des installations ultramodernes de Provigo dans le parc industriel Armand-Viau, à Québec, jusqu'au lock-out déclenché au début d'avril.

Des livraisons directes sont également possibles dans les magasins situés à proximité des fournisseurs. Celles-là devraient continuer de se faire comme avant.

Louis Gosselin, un des gros producteurs de fraises de l'île d'Orléans, ne se plaint pas trop des bouleversements, car «ils [ses contacts chez Loblaw] nous ont assuré qu'ils vont continuer d'acheter nos produits». Et comme il livrait déjà une partie de ses petits fruits à Boucherville, tous les camions partiront désormais dans la même direction. «Ça fait quand même du transport inutile», admet-il, et des dépenses supplémentaires.

Selon le nombre, le volume et la constance des livraisons, la facture d'un aller-retour Québec-Montréal en camion-remorque peut varier entre 400 $ et 1500 $.

François Gagné, directeur général de Propur, un regroupement de producteurs de pommes de terre de Saint-Ambroise, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, calcule qu'il pourrait lui en coûter entre 60 000 $ et 80 000 $ de plus par année pour expédier ses tubercules à Loblaw, qui les revend partout dans la province. «Ça ne pousse pas dans le champ, une somme comme celle-là», fait-il remarquer.

Pour épargner des dollars et l'environnement, M. Gagné utilise déjà les camions de Provigo pour envoyer ses pommes de terre dans les régions de Québec et de Montréal. Cela évite les «retours à vide», improductifs et coûteux. Il se dit également prêt à faire davantage de livraisons directes au Saguenay-Lac-Saint-Jean et même sur la Côte-Nord si Loblaw est d'accord. Mais c'est là une option à plus long terme, car il faudrait renverser la tendance à la centralisation qui s'observe dans la distribution alimentaire depuis plusieurs années.

Inattendu et insécurisant

Pour ceux qui faisaient exclusivement affaire avec l'entrepôt de Québec, le revirement est aussi inattendu qu'insécurisant. Stéphane Gosselin, producteur maraîcher à l'île d'Orléans, craint de voir sa marge de profit diminuer encore, comme ce fut le cas au cours des dernières années quand de nouvelles contraintes ayant trait à la salubrité et à la traçabilité ont été imposées.

Et puis il y a la qualité et la fraîcheur, qui risquent de pâtir de ce kilométrage supplémentaire. «Moi, je fais des haricots et je mets ça dans des caisses de carton. S'ils se font brasser trois heures de plus d'un bord, trois heures de l'autre, qu'ils sont droppés à Montréal pour être rechargés, ça prend une grosse journée de plus et ils risquent d'être moins beaux», s'inquiète M. Gosselin.

Josée Bédard, directrice des affaires corporatives chez Loblaw, ne nie pas que des denrées devront maintenant transiter par les entrepôts de la région de Montréal avant de revenir dans l'est du Québec. Mais «ça ne change en rien la provenance des produits», fait-elle remarquer. La porte-parole y voit même des avantages potentiels. «Pour les producteurs de la région de Québec, le fait d'amener un maximum de produits frais au centre de Boucherville peut leur donner la chance de rayonner aux quatre coins du Québec», dit-elle. Ceux qui seraient désavantagés seront écoutés : «Il nous importe de connaître la problématique vécue par chacun pour chercher avec eux des solutions.»

Mme Bédard répète que le premier épicier au pays «a acheté et continue d'acheter pour quelque 3 milliards $ de produits et services au Québec chaque année».

 

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